On pourrait s’étonner que j’aie choisi de traiter de Gossip Girl dans un dossier Pop-en-Stock consacré à la rom-com et à ses genres connexes. Pourtant, à bien des égards, les teen series, genre très important depuis les années 1990, apparaissent comme le produit de l’hybridation du soap opera (d’où le rôle central des disputes, trahisons, tromperies et autres meurtres), de la rom-com (d’où la croyance structurante en la prédestination amoureuse et en l’existence pour chaque individu d’une « âme sœur » ) et même de l’erotic thriller auquel notre série reprend quantité de scènes stéréotypées (le strip-tease de Blair, la scène de sexe de celle-ci avec Chuck dans une limousine tandis que Sum 41 joue « With Me » en sourdine, le rapport sexuel hâtif de la même Blair et de Dan dans un ascenseur à la fin de la cinquième saison, pour ne rien dire de la façon assez étonnante qu’a Serena de manger des fraises et qui fait un écho direct à Nine ½ Weeks). Et si la dimension romantique de Gossip Girl est éminemment problématique, on va le voir, et si sa dimension comique ne crève pas les yeux, c’est pourtant bien d’une comédie sociale qu’il s’agit là : une comédie sexy, glamour mais aussi sexiste et oppressante.
Cet article se propose d’analyser les films de Rebel Wilson, une actrice désormais célèbre, qui s’est notamment fait connaître grâce à la trilogie Pitch Perfect (2012-2017, Jason Moore, Elizabeth Banks, Trish Sie). Plusieurs de ses films, comédies, reprennent les codes ou empruntent certains de ses motifs à la comédie sentimentale pour faire quelque chose de… différent… ou pas, comme nous allons le voir. À travers les films de Rebel Wilson, notre idée est de questionner la sexualité, l’obscénité et la performance de genres dans la comédie sentimentale à travers le détournement parodique de ses codes.
Par les six films qu’elle a réalisés, TANAKA Kinuyo (1909–1977) a forgé la matrice d’une rom-com nippone émancipée des codes. Très jeune orpheline de père, TANAKA Kinuyo a été soutien de famille comme joueuse de biwa (petit luth japonais). À 14 ans, elle signe un contrat avec les Shōchiku Studio où elle a incarné pendant 26 ans des « femmes chastes traditionnelles », d’abord dans des films muets puis dans le premier parlant japonais en 1931 : Madamu to nyōbō [Mon amie et mon épouse] de GOSHO Heinosuke. En cinquante-deux ans de carrière elle a joué dans 250 films, actrice autant que muse des plus grands cinéastes japonais tels OZU Yasujiro, MIZOGUCHI Kenji, etc. Les nombreux films shō shimingeki [films domestiques] dans lesquels elle apparaît étaient destinés à un public féminin – ne différant pas en cela de la production hollywoodienne qui considérait la rom-com comme d’abord féminine – public qui se trouvait ainsi conforté dans le slogan de l’époque ryōsai kenbo [bonne épouse, sage mère] équivalent des « 3 K » allemands (Kinder, Küche, Kirche [enfants, cuisine, église]), maxime patriarcale adossée au nationalisme japonais grandissant depuis l’ère Meiji conçu comme contrepoids à l’influence occidentale, et qui a trouvé son apogée dans les films de propagande pendant la Deuxième Guerre mondiale auxquels TANAKA a participé, quoiqu’elle ait infléchi ce patriotisme vers plus d’humanité : elle a aussi, en effet, incarné des femmes qui s’émancipent de cet ordre patriarcal, dans des films sur le monde contemporain [gendaigeki].
Hayao Miyazaki est un animateur et cinéaste japonais de renom, reconnu pour ses chefs-d’œuvre cinématographiques. Il est à l’origine de plusieurs films à succès tels que Mon voisin Totoro, Le Château ambulant, Ponyo et Le Voyage de Chihiro. Ce dernier met en scène une fillette de 10 ans nommée Chihiro qui déménage avec ses parents dans une nouvelle maison à la campagne japonaise. Après avoir emprunté ce qui semble être un raccourci, la famille se perd et s’aventure dans un parc d’attractions abandonné. Tout au long de l’histoire, la jeune fille est confrontée à plusieurs situations qui la font grandir, ce qui rappelle fortement le « voyage du héros », un concept défini pour la première fois par Joseph Campbell dans The Hero with a Thousand Faces (1949)
Malgré leur statut dans la société actuelle, un bon nombre de femmes ressentent une forte pression sociale et familiale pour concevoir un enfant. Certaines femmes expérimentent une telle souffrance psychologique devant le fait de ne pas réussir à concevoir qu’elles sont prêtes à tout essayer, au péril de leur santé, pour augmenter leurs chances de succès. Les femmes confrontées à une épreuve semblable veulent poursuivre jusqu’au bout la procédure médicale pour ne pas avoir à regretter de ne pas avoir tout essayé pour avoir un enfant. Dans Épiphanie, confession (2019), Myriam Beaudoin évoque la quête d’une femme afin d´être « mère à tout prix » et raconte toutes les démarches entreprises dans l’espoir de réaliser son rêve, qui la mènera finalement vers l’adoption
Le texte La femme brouillon1 présente une mère indigne. Amandine Dhée signe ce petit récit
débordant d’ironie. Née à Lille en France en 1980, elle est écrivaine et comédienne. Ses romans
et ses essais sont souvent à saveur humoristique sur des thèmes reliés à l’émancipation, les
rapports humains et l’environnement. Elle a gagné le prix Hors Concours pour La femme brouillon
en 2017. Ce texte est un récit intimiste doublé d’un témoignage humoristique. Dhée propose de
cesser de vouloir devenir une mère parfaite comme la société et le discours sur la maternité
encouragent à le faire.
La cathédrale Notre-Dame de Paris, dont la construction débute en 1163 et dure deux siècles, est devenue l’un des monuments les plus emblématiques de France. En 1831, Victor Hugo en fait le centre de son roman Notre-Dame de Paris, qui raconte l’histoire entrelacée de Gringoire, un pauvre poète et dramaturge, Quasimodo, le sonneur de cloches difforme, d’Esméralda, une danseuse bohémienne persécutée, et du prêtre Frollo, consumé par une passion destructrice. Le drame se déploie dans et autour de la cathédrale médiévale, qui fonctionne comme espace de refuge, de jugement et de tragédie. En 1998, plus de cent cinquante ans après la publication du roman, une comédie musicale, elle-aussi intitulée Notre-Dame de Paris, est créée avec les paroles de Luc Plamondon et la musique de Riccardo Cocciante, mise en scène par Gilles Maheu. Cette adaptation transporte l’histoire hugolienne sur la scène spectaculaire avec une grande production musicale et théâtrale destinée au public de masse.
Le 4 février 2018, 27 millions de téléspectateurs ont visionné en direct l’épisode « Super Bowl Sunday », l’épisode le plus marquant de la série américaine This is Us ; l’épisode a été présenté sur le réseau NBC tout de suite après le très populaire match du Super Bowl. Un tel phénomène de visionnement collectif ne s’était pas observé aux États-Unis depuis la montée en popularité des plateformes numériques (streaming), soit depuis les finales des émissions Friends (2004) et ER (2009) dans les années 2000, ou encore la finale de House, M.D. (2012) et la 3e saison de The Voice (2012) au début années 2010. La diffusion de l’épisode « Super Bowl Sunday » avait été précédée d’une intense campagne publicitaire où les comédiens de la série promettaient des révélations dévastatrices (soul-crushing) sur la mort de la figure paternelle héroïque, Jack Pearson.
Selon plusieurs critiques, la culture populaire contemporaine serait profondément marquée par un sentiment de nostalgie. Ce phénomène, pourtant, n’est pas aussi récent qu’il y paraît, et certains pans de la culture populaire entretiennent des liens avec la nostalgie depuis longtemps. Notamment, la figure du vampire, qui marque la culture populaire depuis plus d’un siècle et qui est, par nature, étroitement liée à la nostalgie. En effet, « [v]ampires and nostalgia have a lot in common. Of ancient origin, prior to the nineteenth century both appeared in the form of disease or as a disease vector, possessing mind and body of their victims, disturbing sleep, inspiring strange dreams and unhealthy desires . » Le statut liminaire du vampire, qui existe entre vie et mort, passé et présent, contribue également à faire de lui un vecteur propice à la nostalgie.
Publiée en revue il y a plus de trente ans1 avant de paraître à nouveau en 2014, cette fois allongée de plusieurs centaines de pages, la bande dessinée Here de Richard McGuire s’attarde à retracer les configurations passées et futures d’un lieu donné, ce coin d’univers que l’on connaît surtout, au fil du récit, comme le salon d’une maison américaine, mais qui a d’abord été — McGuire prend soin de nous le rappeler — un amas indéterminé de végétaux, puis ce bout de forêt parcouru par des communautés autochtones, avant que celles-ci n’en soient chassées pour faire place à des demeures coloniales et, dès le début du 20e siècle, à cette fameuse maison qui deviendra l’« ici » de l’histoire, jusqu’à ce que la montée du niveau de la mer ait tôt fait de l’engloutir, deux-cents ans après sa construction.
Le film Weapons, réalisé par Zach Cregger et sorti en 2025, met en perspective des problèmes contemporains qui touchent la société américaine. Il s’appuie sur un vaste éventail de possibilités d’interprétation scénaristiques, artistiques et psychologiques. Par ailleurs, le parallèle entre les histoires des différents personnages du long-métrage et leurs pulsions semble correspondre à l’idéologie freudienne de l’inquiétante étrangeté, ainsi qu’à une forme intériorisée d’oppression qui serait ancrée dans la tendre enfance des personnages, soit la répression. En ce sens, l’analyse se concentrera sur la question suivante : de quelle manière, le film Weapons met-il en scène la répression et l’inquiétante étrangeté à travers sa représentation du rêve américain, et comment ces enjeux esthétiques et symboliques se manifestent-ils dans la mise en scène du film ?
« There is no film genre more subversive, more innately critical of the values of white bourgeois patriarchal society, than the horror film. » (Sharrett : 56) En effet, le film d’horreur se fait un plaisir depuis plusieurs décennies – observable à l’aide des bases théoriques de Robin Wood – à hanter (et critiquer) la société patriarcale. Un certain type de film d’horreur, le « body horror », va venir terrifier la population de cette société par l’exploration des limites possibles du corps et la représentation des diverses anxiétés liées au corps. (Huckvale : 2) Dans ce genre de film, le corps « souffre, meurt, se transforme… et horrifie. » (Sutton : 73)
La série Arcane présente en effet de nombreux mécanismes de domination et d’aliénation, organisés en un système fermement solidaire. La libération, d’après le personnage de Silco, à l’origine de cette citation, dans l’épisode 3 de la saison 1, ne peut se produire qu’à travers une révolte violente, en combattant l’oppression par le sang. Le risque devient alors de se perdre dans une nouvelle forme d’aliénation par la violence organisée et massive, en perdant l’objectif de l’émancipation d’une po-pulation opprimée. Et c’est en réalité précisément ce qui arrive au personnage de Silco.
Altérité, intersectionnalité, féminisme et racisme : autant de termes qui renvoient à des enjeux aussi complexes qu’actuels. Enjeux que nous avons trouvés tous réunis sous un seul prisme : celui des séries télévisées contemporaines qui mettent en scène des jeunes filles badass qui font l’amour et jettent des sorts. En d’autres termes, nous nous proposons ici de partager une brève réflexion sur les sorcières et plus précisément sur le cas de la sorcière racisée. Que disent les séries nord-américaines du tournant du XXIème siècle et au-delà de la place des femmes noires dans la société nord-américaine ?
Dans l’univers de Marvel, qu’il s’agisse des comic-books ou de la production cinématographique, Spider-Man occupe une place de (super-)héros culte sur plusieurs générations. À l’origine, ce surhomme mutant est l’ouvre de Stan Lee et Steve Dikto. Il parait pour la première fois dans le comic book, « Amazing Fantasy Vol.1 # 15 » en août 1962. Depuis, il a été décliné partout, comme toutes les icônes. De très nombreuses itérations dans les cases dessinées et derrière les caméras bien entendu, mais aussi sur à peu près tous les mediums culturels possibles, dont les jeux-vidéos encore tout récemment puisque le monde ouvert de Marvel’s Spider-Man 2 s’est dévoilé en 2023 . Quelle pourrait-être la formule magique – et scientifique – de cette pérennité contemporaine dans la pop culture ?
Comme toute forme d’expression artistique, la musique permet de stimuler l’imagination, de faire naître des tableaux dans l’esprit du public. Le heavy metal ne fait pas exception, bien que pour l’oreille inaccoutumée cela puisse sembler surprenant. Tandis que certains groupes s’orienteront davantage vers des textes revendicateurs, d’autres s’épanouiront dans la construction d’univers fantastiques. La frange scandinave du heavy metal se distingue ainsi par le fort imaginaire mythologique dont elle est empreinte.
Landis choisit volontairement de tourner un film aux antipodes de 2001. Schlock est une comédie : l’histoire d’un singe préhistorique, interprété par Landis lui-même, un chaînon manquant ou « schlockthropus » qui tombe amoureux d’une jeune aveugle nommée Mindy (Eliza Garrett) et finit par terroriser une petite ville de Californie. Tout ici est saugrenu : depuis le présentateur télé venu montrer les cadavres qui jonchent le sol tout en proposant de récompenser le spectateur qui aura retrouvé le nombre de morts contenus dans des sacs plastique pour un « body count contest », jusqu’à l’incompétence comique des policiers, aux savants loufoques, à l’aveugle Mindy qui passe le plus clair du film à se cogner, ou encore aux jeux de mots et autres regards des acteurs en direction de la caméra. Dès le début du film, Landis renvoie au film de Kubrick par le biais d’un pas de côté comique
Jack Chick, un chrétien fondamentaliste se spécialisant dans l’illustration de pamphlets religieux, publia en 1984 la bande-dessinée Dark Dungeon. Le récit présenté dans ce pamphlet religieux (« Chick-tract ») représente parfaitement le discours de l’époque parce qu’il illustre la supposée influence satanique qu’avait le jeu sur ses joueur·euse·s ainsi que ses dangereuses conséquences
La proposition de Tas d’roches, de Gabriel Marcoux-Chabot (GMC) est originale : le roman est rédigé en plusieurs langues (ancien et moyen français, joual beauceron, chiac, et innu) et sa narration est imprimée en différentes polices (italiques, caractères gras, couleur grise, etc.), elles-mêmes juxtaposées dans une mise en page acrobatique (colonnes, encadrés, superposition de caractères, etc.). Le roman raconte l’adolescence et la jeunesse d’un garçon appelé Tasderoches, lui dont la force et l’appétit sont respectivement herculéenne et gargantuesque.
Il me semble que pour interroger la figure du geek dans la pop culture actuelle, et plus particulièrement dans le roman Ready Player One (2011) d’Ernest Cline et dans le film éponyme de Steven Spielberg (2018), qui lui donna, au moment même où il tournait ses Pentagon Papers, un nouveau sens, il convient d’étudier l’imaginaire dans lequel elle s’inscrit, à quels processus économiques et politiques elle renvoie, comment elle permet d’exploiter le goût hypermoderne pour la nostalgie et pour les communautés, comment elle questionne la sociabilité et la socialisation, comment, en somme, elle dessine les contours d’une « geektopia », pour reprendre le néologisme forgé par Rareş Moldovan[1].
[1]Rareş Moldovan, « The State of Play: Geektopia in Ready Player One » in Caietele Echinox, n°32, Images of Community, juin 2017.
Geekerella, mash-up du mot « geek » et de Cinderella (le nom de Cendrillon en anglais), raconte l’histoire d’une jeune lycéenne, Elle (diminutif de Danielle), qui a perdu son père et sa mère et vit à présent avec sa belle-mère et ses deux demi-sœurs, les jumelles Chloe et Calliope. Elle est fan de la série des années 90, Starfield, série télévisée complètement fictionnelle et inventée par Ashley Poston, l’autrice de Geekerella. La protagoniste développe un amour pour la série qui a été transmis par ses parents, fans eux-mêmes de la série à l’époque où elle est sortie et qui se sont rencontrés à une convention.
Dès le premier épisode et pour toute la durée de ses sept saisons, une des marques de fabrique de la série télévisée Buffy the Vampire Slayer (BtVS) est l’usage constant de références à la culture populaire par les différents personnages. Ainsi, par les références culturelles qu’elle réexploite, la série se réapproprie continuellement la culture qui la produit, et peut être vue comme un exemple frappant de l’auto-référentialité postmoderne de la culture populaire
Les utopies féministes, par définition, s’opposent toujours à la culture et à l’idéologie dominantes[1] en imaginant des possibilités autres qui questionnent et renversent les structures de pouvoir et les rapports sociaux qui découlent de l’hégémonie patriarcale. Cette opposition révèle une persistance de la critique des sociétés contemporaines à la rédaction de ces œuvres. En ce sens, comment ce rejet de la société persiste-t-il à travers les différentes époques ? Dans cette analyse, nous nous concentrerons sur deux œuvres qui critiquent, chacune à leur façon, la société contemporaine. Il s’agit de Herland (1915) de Charlotte Perkins Gilman et Adieu triste amour (2022) de Mirion Malle.
[1] Peter Fitting, « Utopia, dystopia, and science fiction », dans Gregory Claeys [dir.], The Cambridge Companion to Utopian Literature, Cambridge, Cambridge University Press, 2010, p. 150.
Dans la plupart des œuvres, la puissance et les capacités surhumaines des vampires sont les éléments mis en valeur dans le récit, mettant l’accent sur leurs forces plutôt que sur leurs faiblesses. Ce n’est toutefois pas le cas de la trilogie de mangas Mars Red, publiée entre 2020 et 2021, scénarisée par Bun-O Fujisawa et dessinée par Kemuri Karakara, qui met de l’avant les faiblesses de cette créature mythique, la considérant même comme un être faible
La culture japonaise est teintée des différents drames historiques qui font d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Le cinéma d’animation japonais est hanté par les souvenirs de guerre, qu’ils soient mis de l’avant de façon historique, dramatique, horrifique ou encore avec une certaine touche de fantastique. C’est avec cette dernière que Blood : The Last Vampire présente Saya, un vampire au féminin qui se plonge en plein cœur de la guerre du Vietnam, au Japon, avec le mandat de tuer l’ennemi de l’État.
Dans son roman graphique Ain’t It Fun : Peter Laughner & Proto-Punk in the Secret City (Stone Church Press, 2023), Aaron Lange raconte l’émergence de la scène punk de Cleveland dans les années 1970 sous un angle résolument psychogéographique. Concept développé par Guy Debord, la psychogéographie « se proposerait l’étude des lois exactes, et des effets précis du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, agissant directement sur le comportement affectif des individus » (Debord, 1955, p. 11)…
Publié en 2018 aux éditions Actes Sud, Les Rigoles est le quatrième roman graphique du bédéiste belge, Brecht Evens. L’oeuvre s’inscrit dans le même univers fictif que son travail de fin d’études publié huit ans plus tôt (Aurita: 12:20-13:32), Les Noceurs (2010), et en est considéré le « livre grand frère » (Radio France: 14:30-14:38). Non seulement plusieurs des personnages et des lieux sont les mêmes, mais les deux œuvres se déroulent aussi chacune au cours d’une nuit urbaine, ponctuée de festivités, de questionnements et de relations interpersonnelles troubles…
En 2013, le film La Vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2 d’Abdellatif Kechiche remporte la Palme d’or au prestigieux Festival de Cannes. Cette adaptation au cinéma de la bande dessinée Le bleu est une couleur chaude (2010) de Julie Maroh, parallèlement à son succès instantané, a suscité plusieurs controverses. Plusieurs ont vu, derrière l’étiquette de film queer et réaliste qui a moussé sa promotion, une histoire d’amour à tendance universalisante, qui minimise la thématique queer tout en facilitant une circulation plus vaste dans le marché du cinéma …
La bande dessinée Fun Home d’Alison Bechdel, paru en 2006, est une tragicomédie sur la famille de l’autrice et particulièrement sur sa relation avec son père, mort dans un accident de la route lorsqu’elle était jeune. Dans ce récit décalé, l’autrice parle de son homosexualité qu’elle met en rapport à celle de son père. En effet, ce dernier a vécu toute sa vie dans le mensonge et y a entrainé sa famille. La relation entre Alison et son père a toujours été particulière, entre le conflit et la complicité partagée autour des livres …
Depuis sa parution dans le magazine Tchô ! en 2004, la série Lou !, écrite et dessinée par Julien Neel, suit la vie d’une jeune fille du même nom, de ses premiers amours d’adolescente jusqu’à son entrée dans l’âge adulte. Le rythme de parution de la série lui a permis de grandir avec son lectorat et de connaître de nombreuses évolutions narratives et esthétiques, qui n’auront pas laissé son public indifférent. La sortie de son sixième tome, L’âge de cristal, sera accueillie avec beaucoup d’incompréhension par la plupart des lecteurs et lectrices, surpris.e.s de retrouver une Lou plus âgée, dans un monde envahi de cristaux mystérieux, où l’intrigue est décousue, avec des sauts dans le temps et l’espace …
Le dragon «est omniprésent dans toutes les œuvres de J.R.R Tolkien à l’exception du Seigneur des Anneaux, affirme Vincent Ferré. Sa présence la plus marquée est dans le Hobbit, le seul récit du Légendaire où toute l’histoire est structurée autour du dragon Smaug» (Ferré: 142).
Cette année, le Musée canadien de l’histoire de Gatineau hébergea une exposition intitulée « De Pépinot à la Pat’ Patrouille : notre enfance télévisuelle » ayant pour objectif d’explorer les soixante-dix ans d’histoire des émissions de télévision pour enfants au Canada.
Nada, roman néo-noir de Jean-Patrick Manchette paru en 1972, relate les tribulations d’un groupe homonyme d’anarchistes lors de l’enlèvement de Richard Pointdexter, diplomate américain à Paris.
Chocolat est un groupe de musique québécois actif depuis 2007. Il a jusqu’à présent fait paraitre cinq albums, soit Chocolat E.P. (2007), Piano élégant (2008), Tss tss (2014), Rencontrer Looloo (2016) et Jazz engagé (2019).
La série de Marc Cherry Desperate Housewives, diffusée entre 2004 et 2012, fait plonger les spectateurs dans le monde du fait divers, marqué par une irruption de l’extraordinaire dans l’ordinaire.
La vie passe vite. Si vous ne vous arrêtez pas et ne regardez pas autour de vous de temps en temps, vous pourriez la manquer. — Ferris Bueller
Au sein du vaste ensemble des récits d’aventures, les voyages extraordinaires unissent dépaysement géographique et fantastique, désignant, comme l’affirme Matthieu Letourneux, « les récits fondés sur la narration d’un voyage hors du commun […] où la machine ou le projet inouïs passent l’épreuve du monde sauvage […] [et] rencontre l’exotisme géographique ».
La Seconde Guerre mondiale n’est pas tendre avec les reptiliens, qui disparaissent pour ainsi dire de la surface de la Terre.
Dragon rouge (1981), néo-polar états-unien écrit par Thomas Harris et second volet de la tétralogie mettant en scène le personnage d’Hannibal Lecter, s’ouvre sur deux extraits du recueil Chants d’innocence et d’expérience de William Blake.
« Sous les pavés, la plage ». Malgré la reprise de ce célèbre slogan de mai 68, Inherent vice (Thomas Pynchon, 2009) affirme que tout, par défaut, est vicié.
Le commissaire Maigret, héros de la série du même nom de l’auteur Georges Simenon, semble se retrouver à l’orée du roman noir, en conservant toutefois plusieurs éléments du roman à énigme et en laissant entrevoir la naissance du sous-genre « police procedural ».
Le facteur sonne toujours deux fois, un roman de James M. Cain publié en 1934, se positionne incontestablement dans le genre du roman noir.
Elisabeth Bathory de Raúlo Cáceres est une bande dessinée porno-fantastique parue en Espagne entre 1998 et 2001 puis aux Etats-Unis entre 2002 et 2004.
En matière de sexe, je serais tenté de dire que les années 1970 commencent en 1968 dans les salles indépendantes de San Francisco avec l’exploitation, inédite, de films hard.
«Fan fiction is a way of the culture repairing the damage done in a system where contemporary myths are owned by corporations instead of owned by the folk.» (Harmon, 1997) C’est ainsi que Henry Jenkins explique, ou plutôt justifie, la tendance des fans à s’approprier des éléments de la culture de masse pour créer leur propre culture à l’origine de communautés, de nouvelles formes de médias et de ramifications créatives d’une richesse inouïe.
En culture populaire, l’idée de l’industrie est souvent attribuée au cinéma, notamment à cause d’Hollywood qui est décrite comme étant une machine à produire des films.
Pour Adorno, c’est parce que la vie devient «tout à fait intolérable» que «l’idée que le monde [veuille] être trompé est devenue plus vraie qu’elle n’a sans doute jamais prétendu l’être» (1964: 12).
Goncharov est un film de 1973, produit par Martin Scorsese et réalisé par Matteo JWHJ 0715, avec comme acteur-ice-s vedettes Robert de Niro, Cybill Sheperd, Harvey Keitel et Al Pacino.
L’aliénation et la crise de la représentation des artistes persistent à travers les mouvements artistiques qui jalonnent l’histoire du cinéma.
« Joseph Conrad was a thorough going racist », déclare Chinua Achebe lors d’une conférence donnée à l’Université du Massachusetts. En effet, malgré la canonisation de l’auteur, Achebe ose demander si « a novel which celebrates [a]dehumanization, which depersonalizes a portion of the human race, can be called a great work of art. »
Roman conçu en hommage et à l’image de Cœur des ténèbres de Josef Conrad, Ténèbre de Paul Kawczak nous entraîne à la suite de l’arpenteur Pierre Claes sur la rivière Congo.
Certaines œuvres littéraires appartenant à la postmodernité nous renvoient à un genre inventé au XIXe siècle : le roman policier.
L’année 1986 en est une que l’on peut qualifier d’historique pour l’industrie du jeu vidéo en raison de la sortie de « The Legend of Zelda » sur la console NES. Novateur au niveau technique et immersif, c’est à plus de 6, 51 millions d’exemplaires que le jeu s’est vendu sur le marché.
Le 22 juillet 2022, @hellfiresbyers pose la question suivante sur twitter : If rent in Gotham was 300$ a month for a 3 bedroom would u move there?, générant ainsi plus de 30 000 interactions et 84 000 mentions j’aime, en plus d’être reprise par de nombreux médias en ligne.
Le père Noël est certainement l’un des personnages les plus connus et populaires de la culture occidentale.
En France, de 1970 à 2010, le marché de l’édition en histoire, théoriquement investi en majorité par le public universitaire, a été plus que divisé par deux.
Lu dans presque tous les high schools des États-Unis, adapté maintes fois au cinéma, Gatsby le magnifique, roman de Fitzgerald publié en 1925, est de nos jours synonyme, dans la conscience collective, des Années folles et de grandes fêtes démesurées.
Certaines œuvres ne traversent pas l’épreuve du temps, et leurs auteurs restent confinés à leur époque en dépit de tous leurs efforts. Jacqueline Susann (20 août 1918 – 21 septembre 1974), première écrivaine à occuper trois fois de suite le premier rang au classement des ventes du New York Times, avec Valley of the Dolls (1966), The Love Machine (1969) et Once is not enough (1973), a pourtant bien essayé.
En 1979, Warren Robinett développe le jeu Adventure, sorti sur la console Atari 2600. Alors que ce jeu vidéo est considéré comme le tout premier jeu d’action-aventure, il est également le premier à cacher en son sein un easter egg.
Parallèlement aux mondes perdus, les extrapolations extraterrestres trouvent dans les reptiles une figure de l’altérité.
Ironiquement, la première invasion reptilienne ne vint pas de l’espace extérieur mais de celui, on ne peut plus intérieur, le microcosme sub-atomique d’un grain de sable.
Si nous avons pu exhumer des représentations des reptiliens bien antérieures, Robert E. Howard est souvent crédité comme l’initiateur du type qui triomphera dans le complotisme contemporain.
À la croisée d’E. R. Burroughs et de Lovecraft, le célèbre The Face in the Abyss d’Abraham Merritt, paru initialement sous forme de nouvelle dans l’Argosy All-Story Weekly (Vol 154, 8 Sept. 1923) présente deux variations majeures du thème reptilien.
Bien qu’il soit très difficile de se prononcer de façon définitive sur l’immense jungle de la production industrielle des pulps, autant de par l’ampleur colossale du corpus que par la difficulté d’y accéder, la première variation significative que nous trouvons sur les reptiliens provient d’un classique des mondes perdus, At the Earth’s Core du célèbre créateur de Tarzan, E. R. Burroughs.
Nous sommes envahis par les reptiliens.
L’Histoire occidentale des soixante dernières années, malgré quelques faux pas qui semblent d’ailleurs se multiplier depuis peu, a été dominée dans la plupart des pays dits développés par une pacification de la vie politique intérieure.
La saga Angélique d’Anne et Serge Golon est un parfait exemple du genre populaire de la romance historique sentimentale.
King Lear est probablement une des pièces les plus difficiles à classer de Shakespeare du point de vue générique.
«Je passais d’un show de téléréalité à un reportage sur la guerre quand les images se sont brouillées dans ma tête», affirme Suzanne Collins, évoquant l’origine de sa célèbre trilogie The Hunger Games.
Outre la satire féroce de la réglementation de la pulsion de mort dans une société organisationnelle poussée jusqu’à l’absurde, l’univers dystopique de « La septième victime » de Robert Sheckley (1953) est par ailleurs envahi par l’autre grand vecteur de la société de consommation d’après-guerre et de son imaginaire culturel, la publicité.
Trois décennies après la parution de « The Most Dangerous Game » de Richard Connell (1924), Robert Sheckley imprima un tournant significatif au thème de la chasse à l’homme dans une nouvelle devenue culte, « La septième victime », parue dans le Galaxy Science Fiction d’avril 1953.
Le dimanche 1er mai 1983, le public américain découvre sur NBC le premier épisode de la mini-série V, le second étant diffusé le lendemain.
Le tableau de Franz von Stuck Die Wilde Jagd est resté célèbre en tant que peinture étrangement prémonitoire.
Corrélât inquiétant de la servitude volontaire des participants, la logique des bourreaux du Jeu du Calmar ressemble quant à elle à un détournement des sombres kapos de l’univers concentrationnaire.
Treize ans après le succès initial du best-seller instantané Hunger Games (Suzanne Collins, 2008), la série sud-coréenne Squid Game (Le Jeu du Calmar au Québec) de Hwang Dong-hyuk (2021) connaît un engouement planétaire encore plus phénoménal.
Il n’est pas toujours facile d’être un héros mais égoïstement nous avons besoin d’eux.
Les séries télévisée sont d’excellentes capsules temporelles.
Si Miami Vice articule les contradictions culturelles entre le discours de la « loi et l’ordre » (et la « guerre contre la drogue » qui en découle) et l’exaltation de l’hédonisme transgresseur (associé justement à la drogue reine des eighties qu’est la coke), elle illustre aussi les contradictions idéologiques de la « Reagan Revolution ».
Le couple héroïque défend la loi de l’ordre dans le contexte explosif de la nouvelle « guerre contre les drogues » (War On Drugs), ce qui en fait a priori des paladins d’une double cause éminemment reaganienne.
“No television series represented the style or dominant cultural aesthetic of the 1980s as fully or indelibly as Miami Vice”, écrit Andrew Sargent dans sa notice consacrée à la série culte pour la St James Encyclopedia of Popular Culture.
La culture pop a longtemps été produite afin de servir les intérêts des hommes blancs occultant les femmes, sauf à de rares exceptions où on pouvait les voir dans des représentations de victimes d’hypersexualisation ou de misogynie.
L’album Aimer les monstres (Émile Proulx-Cloutier, 2013) s’inscrit dans un projet plutôt éclectique dans son contenu musical, mais qui converge toujours vers le même désir : celui d’écrire l’humanité autant dans sa beauté et que dans sa laideur.
Dans les années 1970, des régimes pro-soviétiques se sont implantés en Angola, en Éthiopie, au Mozambique.
Après la vague de nostalgie pour les sixties, puis pour les seventies, qui, durant les dernières années, a submergé l’Occident tout entier, c’est désormais les années 1980 que nous regardons avec une forme d’étrange mélancolie en les rêvant, comme toujours, plus heureuses et plus simples que ce qu’elles furent réellement.
En janvier 2014, juste à temps pour nous aider à passer au travers des grands froids, Philémon Cimon lance son deuxième album L’été, trois ans après Les sessions cubaines (Philémon Chante, 2011).
Au moment de la parution de l’album Effets spéciaux du groupe Avec pas d’casque en 2016, l’un de ses membres, le guitariste Nicolas Moussette souligne le fait que «À Ulverton, où nous avons enregistré l’album, l’hiver a aussi rendu l’album plus relax» (Côté, 2016).
Dans les jeux vidéo, la thématique de la maladie mentale est souvent utilisée à des fins horrifiques.
Le film d’horreur découlerait du cinéma fantastique et se serait longtemps parqué derrière lui dans un souci de légitimité et de notoriété.
Au début de Back to the Future (Robert Zemeckis, 1985) nous découvrons, au crépuscule, la maison du héros, Marty McFly, lycéen et punk en devenir, avec ses autres occupants: son père, geek asocial, soumis à son patron abusif et tyrannique; sa mère housewife dépressive et alcoolique; son frère, looser employé de fast-food; sa sœur, frustrée, qu’on devine future housewife alcoolique elle-aussi.
«Abandon all hope ye who enter here» (Ellis, 1991: 3) déchiffre Patrick Bateman, héros-narrateur d’American Psycho, à partir d’un graffiti barbouillé sur la façade d’un immeuble new-yorkais.
On retrouve l’idée des soucoupes volantes venant de la Terre Creuse sous l’Antarctique dans un étrange document ésotérique contemporain de cette illustration, le « Hefferlin Manuscript » (composé entre 1947 et 1948).
Pour les néonazis nostalgiques des années 1980, les ovnis nazis de l’Antarctique formaient un mythe compensatoire de la revanche germanique contre l’hégémonie des nouvelles superpuissances.
La cristallisation du mythe des ovnis nazis de l’Antarctique, alliée à la survie du Führer s’opère dans le pamphlet du ex-nazi négationniste émigré au Canada Ernst Zündel UFOs: Nazi Secret Weapon? (1975).
L’univers Cloverfield ou Cloververse a la particularité de nous offrir des représentations spectaculaires d’une Amérique transformée ou en voie de transformation.
« Still filming? » Au mitan de Cloverfield (2008) et en pleine catastrophe, c’est la question que Rob Hawkins (Michael Stahl-David) pose à son ami Hud (J.J. Miller) qui s’empresse de lui répondre : « Yeah, people are gonna want to know… how it all went down […]. People need to see this, you know? It’s gonna be important. People are going to watch this ».
L’opéra rock Starmania est un phénomène culturel tout à fait unique en son genre.
Écrit et dessiné par Akira Toriyama de 1984 à 1995, le célèbre manga Dragon Ball fait dorénavant partie de la culture populaire mondiale.
Depuis quelques années, la culture populaire est de plus en plus ancrée dans une forme de nostalgie populaire.
Depuis le XIXe siècle, notamment avec le développement de la case feuilleton, la sérialité est un concept de plus en plus présent dans la littérature.
Si la série littéraire Harry Potter (1997-2007) de J.K. Rowling, véritable phénomène de ces vingt dernières années, a su se faire une place dans la culture populaire grâce à ses adaptations filmiques, ses musées, ses parcs d’attraction et ses multiples déclinaisons de produits dérivés, le monde pottérien continue de s’élargir à travers la pratique de la fanfiction sur Internet.
À l’occasion des 75 ans des Éditions Fides, l’incipit d’un article de La Presse déclarait : «En 1937, un jeune séminariste imbu d’humanisme (je souligne) […] a commencé à publier une revue pour orienter les jeunes canadiens-français vers de “bonnes et saines lectures” (ici, c’est l’auteur).» (Lemay: 2012)
Assassin’s Creed est une série de jeux vidéo historique d’action, d’aventure et d’infiltration produite par Ubisoft depuis 2007.
Face aux grands bouleversements amorcés en Occident par l’industrialisation et l’entrée dans la modernité, de nombreux penseurs issus des disciplines tant anthropologiques que philosophiques, économiques ou sociologiques, ont proclamé, non sans amertume, le passage d’une culture essentiellement folklorique et populaire, à une culture dite « de masse ».
L’être humain est depuis toujours fasciné par son reflet.
La nuit est sombre malgré la fatidique pleine lune accrochée au firmament, dont la pâleur est obscurcie par l’épaisse nappe de brouillard spectrale qui a envahi le ciel.
Les jeux vidéo constituent, pour un grand nombre de gens, des refuges numériques permettant de s’évader des angoisses de la vie contemporaine.
Si vous avez déjà erré sur les chemins de la fantasy, vous avez sans aucun doute aperçu l’ombre d’un monument du genre.
La chanteuse populaire américaine Lana Del Rey s’est fait remarquer suite à la publication de sa chanson Videogames sur YouTube, dont le vidéoclip est rapidement devenu viral.
Selon le bédéiste britannique Alan Moore, la prise de risques fait partie intégrante du processus créatif chez l’artiste.
Au-delà des petites mythologies qui le configurent, Columbo se définit essentiellement par l’antagonisme qui l’oppose aux meurtriers, tandis que ceux-ci se constituent en étant tout ce qu’il n’est pas.
Si la structure inversée transforme le rôle du coupable et, dans une moindre mesure, de la victime, c’est l’impératif sériel qui va donner à l’enquêteur un statut central, construisant un personnage récurrent charismatique à partir d’une série de petites mythologies qui lui seront propres.
L’articulation centrale de « la formule Columbo » est comme l’on sait la variante structurale du récit d’intrigue policière dit « récit d’intrigue inversée » (« inverted mystery » ou « inverted detective fiction »).
L’on pourrait dire d’emblée que la principale caractéristique (et le succès planétaire et intergénérationnel) de la « formule Columbo » tient à la rencontre entre un procédé (l’énigme policière inversée), une mythologie (que l’on peut hâtivement résumer comme celle de l’« underdog genius sleuth ») et une idéologie (tout aussi hâtivement : l’antagonisme des classes sous-tendant l’American Dream).
Ne pouvant entrer dans le détail de tous les effets de citation et de reprise des éléments génériques du space opera littéralement accumulés par le Retour du Jedi, nous nous cantonnerons aux deux extrêmes devenus les plus iconiques du film, à savoir Jabba et les Ewoks.
Le Retour du Jedi consacre, avant tout, le retour du Même, dont l’emblème le plus frappant est sans doute la reconstruction « opérationnelle » de l’Étoile de la Mort.
Le dernier volet de la trilogie est d’emblée placée sous le signe de la sérialité : non seulement il se doit de conclure les différentes intrigues laissées en suspens dans l’épisode précédent, mais il parachève une formule qui est désormais parfaitement connue.
Un guerrier viking quitte autour de l’an 1000 la Norvège pour chercher une nouvelle terre avec sa famille. Pionniers, ils créent une nouvelle existence loin de chez eux.
Suite au succès colossal du premier volet et au regain phénoménal d’intérêt pour le space opera, Lucas reprend son rêve sériel en faisant justement appel à l’une des reines incontestables du genre, Leigh Brackett.
La critique s’est longuement penchée sur les raisons du succès colossal de Star Wars, essayant de l’expliquer a posteriori, en invoquant quantité de phénomènes sociopolitiques, souvent selon le célèbre principe du « Post hoc ergo propter hoc ».
Après avoir suivi les différentes et tortueuses étapes de la rédaction du scénario de ce qui deviendra Star Wars, nous arrivons enfin, avec la quatrième version (1er janvier, 1976) et sa révision (15 mars), en territoire connu.
Donald Trump s’exclame dans une ambiance déjà tendue la nuit des élections du 8 novembre 2016: «The quiet voices became a loud chorus, as thousands of citizens now spoke out together from cities small and large.» (Falchuk et al., 2018: épisode 1).
L’année 1974 fut cruciale pour le space opera. Outre l’anthologie éponyme de Brian Aldiss et le scénario de Lucas (« The Star Wars »), ce fut l’année de naissance de Métal Hurlant, qui allait définir l’infléchissement graphique du genre par l’esprit de la New Wave et des comix underground, en passe de « récupération » par la culture pop mainstream.
La crise sanitaire qui s’est répandue sur le monde en début d’année 2020 nous a toutes et tous placé.e.s dans une situation inédite, que nous n’avions jusqu’alors rencontrée que dans la fiction.
En 1974, Brian Aldiss redéfinit le space opera dans l’introduction à son anthologie du même titre, la première d’une série consacrée aux« futurs du temps passé » (« Way-Back-When Futures »).
Que reste-t-il des super-héros ?
Prenant place dans une Amérique du Nord post-apocalyptique où des adolescent-e-s sont tiré-e-s au sort pour s’affronter jusqu’à la mort dans un tournoi télévisé, la trilogie Hunger Games (2008-2010) de Suzanne Collins a eu l’effet d’une bombe dans le paysage littéraire mondial.
Fruit de son double passage par la contre-culture et l’ USC Film School, George Lucas choisit, pour son premier long-métrage, de transformer un de ses courts expérimentaux, Electronic Labyrinth THX 1138 4EB (1967), qui avait connu un grand engouement dans le milieu étudiant.
Après avoir évoqué le tournant camp et parodique qui marqua une certaine carnavalisation des codes du space opera au sein des Swinging Sixties, il nous faut maintenant nous tourner vers les deux piliers de la transformation du genre pendant cette période de formation du jeune George Lucas.
Historiquement, la question du roman policier en tant que genre a été marquée par la codification d’un modèle spécifique devenu progressivement hégémonique, celui du roman à énigme.
En 2014, les studios Walt Disney publient le film Maleficent, mettant en scène la fée noire Maléfique (Maleficent en v.o.), antagoniste de La Belle au bois dormant, dans le rôle principal.
En 1964, Marshall McLuhan relève «qu’en cet âge de l’électricité, nous nous voyons nous-mêmes traduits de plus en plus en information, à la veille de prolonger technologiquement la conscience» (80).
Depuis l’Épopée de Gilgamesh, le récit d’aventures n’a jamais perdu de vue son objectif principal, à savoir de captiver son public via la mise en scène de héros subissant un enchaînement de péripéties devant susciter émotions, questionnements philosophiques et évolution interne chez les destinataires.
Alors que Lucas continue à gribouiller compulsivement des « space soldiers » (titre de la nouvelle mouture télévisuelle des serials de Flash) au milieu de son initiation à l’âge adulte dans la scène contre-culturelle californienne, l’opprobre qui pesait sur le « space opera » ne fait que grandir, et ce, justement, dans le passage à la « maturité » de la science-fiction au contact de la contre-culture.
L’opposition stratégique entre space opera honni et science-fiction légitime introduite par Tucker configure durablement leur place respective à l’intérieur du champ littéraire.
Des joyaux Fulgurs imaginés par E. E. Smith à la Force lucasienne qui en partie s’en inspire il y a toute une évolution qu’il importe de tracer, illustrant une mutation majeure de l’imaginaire culturel pop.
La première fois que j’ai été confronté à une situation de pandémie potentielle, c’était au cinéma en 1971, à la sortie du film The Andromeda Strain (Robert Wise).
La «crise» sociale, économique et sanitaire liée à la Covid-19 est sans précédent en Occident en ce qui a trait aux conséquences, présentes comme futures, qu’elle a entraînées.
Parallèlement au succès transmédiatique des codes du space opera, ceux-ci trouvèrent leur aboutissement ultime dans l’œuvre d’un auteur qui passe souvent pour le fondateur du genre, bien qu’il y soit venu une décennie après ses premières moutures.
Parallèlement à la consolidation des codes génériques du space opera littéraire, ceux-ci migrent des pulps vers d’autres médias.
Par une logique compensatoire, c’est avec l’avènement du « monde fini» diagnostiqué par Valéry en 1931 dans Regards sur le monde actuel (mais l’aventurier Jack London lamentait déjà dès 1900 «Le Rétrécissement de la planète») que s’opère la fuite imaginaire dans l’Ailleurs interplanétaire.
Les écrivains ayant consacré un roman au sujet de l’épidémie se servent souvent de la métaphore de la contagion pour évoquer leur fonction sociale ou leur travail de création.
Ruse de la Raison ou de la Force, synchronicité junguienne ou simple hasard, George Lucas vient au monde l’année même où le terme « space opera » reçoit sa paradoxale intronisation dans la Fancyclopedia de Jack Speer (1944).
Le 12 avril 2020, au moment où l’épidémie de la COVID-19 atteignait son pic en France, Mediapart publiait un entretien avec l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau.
Un des principaux paradoxes de la mémétique coronavirale c’est qu’elle vise bien moins le virus comme tel que ce qui est perçu comme son principal effet sociétal, le confinement.
Invisible, le coronavirus engage une mobilisation scopique totale, précédée là aussi par des multiples simulations et aboutissant à un dispositif tout à fait sidérant: la perspective de l’«Apocalypse Live».
L’énigme de l’origine de la pandémie (le célèbre «Patient zéro» du récit épidémique tel qu’analysé par Priscilla Wald) n’est dévoilé que dans la dernière scène de Contagion, invoquant de façon inattendue le principe structural du récit policier et brisant la linéarité chronologique jusque-là scrupuleusement respectée («Day 1»),
Si nous avons tous l’impression de nous retrouver «dans un film» c’est, comme nous en avons l’intuition, que nous y sommes.
De la souveraineté mortifère de son nom jusqu’au cortège de mèmes qui l’accompagne depuis son éclosion ou les espoirs millénaristes et les théories du complot qu’il éveille, le coronavirus semble déclencher un processus de mythologisation encore incertain.
Culture nomade, «trait nomade», esprit nomade: le mot nomade est dans l’air, souligne Kenneth White.
«Thieves and beggars, never shall we die!» chantent les pirates, sur la potence.
La valeur d’une méthode tient –cela relève, bien évidemment, du truisme– dans son potentiel de reproduction.
Même si l’expression Young Adult Literature (ou Fiction) demeure imprécise –le genre désigne-t-il avant tout un public adolescent (13 à 17 ans) ou plus âgé (18 à 25 ans)?–, les enjeux de ce genre d’oeuvres sont généralement liés à la transition vers l’âge adulte et aux nouvelles responsabilités associées à cette période d’ouverture au monde.
En 1993, quinze ans avant la publication des Hunger Games et la vague de romans dystopiques des années 2000, l’américaine Lois Lowry publiait The Giver, premier tome de sa tétralogie de science-fiction.
Sherlock Holmes est une fiction continue depuis 1887: on ne compte plus les adaptations et les œuvres que ce personnage a influencées.
Comme l’explique Anne Besson dans son ouvrage théorique La fantasy, la forme cyclique désigne un ensemble de textes «reliés par le retour de personnages apparentés ou appartenant au même “monde”» (2007: 153).
Depuis la première moitié du XXe siècle, l’apparition des médias de masse a causé l’émergence de nouvelles modalités de consommation des produits culturels, et notamment l’expansion de la culture participative.
De profondes mutations politiques et culturelles ont transformé le paysage social de la fin du XXe siècle.
La sexualité. Un élément à la fois si tabou et si présent dans toutes les sphères de la société.
«Dragon»: ce mot évoque des écailles brillantes, d’énormes ailes et du feu brûlant.
Selon Amanda Cote et Cody Mejeur, le monde du jeu vidéo est non seulement masculin, mais également hétérosexuel, cisgenre, et blanc (2017: 965).
Zeke a le regard vide. Les doigts, entrecroisés, comme s’ils ne pouvaient s’accrocher qu’à eux-mêmes.
Des programmes de séduction télévisés aux émissions de survie en conditions extrêmes, force est de constater que la télévision au tournant du 21e siècle adhère à une toute nouvelle esthétique favorisant un contact direct avec le public.
Si l’on se fie à une certaine doxa, la téléréalité se voudrait primordialement caractérisée par sa «banalité» (Jost, 2012), sa «trivialité» (Holmes et Jermyn, 2004), son «irresponsabilité» (Corner, 2004).
Au IIe siècle de notre ère, les Goths habitent les alentours de la Mer Noire.
Perdu sur une île déserte, à son grand désarroi, privé de tout ce qu’il lui était familier et ayant comme seul moyen de survie sa débrouillardise, le naufragé, en tant qu’archétype, est au cœur d’innombrables récits mettant en scène l’humain à son état le plus rudimentaire.
La figure de la guerrière tient son origine de la mythologie grecque, avec les Amazones.
Le mal est un concept de la vie de tous les jours, un qui a côtoyé l’être humain tout au long de son existence.
Dans un monde qui fait face à de nombreux crimes et conflits, où les médias nous bombardent quotidiennement d’images violentes, un récit horrifique dont le contexte ressemble au nôtre peut impressionner profondément l’esprit de tout lecteur, que ce dernier soit averti ou pas.
Sortie au début de l’année 2017, la chanson «Despacito», interprétée par les deux Portoricains Luis Fonsi et Daddy Yankee, a eu un succès planétaire.
Gunnm est un manga seinen, une bande dessinée japonaise destinée aux hommes adultes, créé par Yukito Kishiro, sérialisé de 1990 à 1995 chez Shūeisha et qui a pour protagoniste une cyborg dont le corps est machine et dont le cerveau est humain.
Dans l’art contemporain, notamment le Body Art, le corps devient la matière première du geste esthétique, car on y repousse les limites de son exploitation.
Arkhè (ἀρχή) : mot d’origine grecque signifiant le fondement, le commencement du monde ou le Premier Principe de toutes les choses.
D’origine grecque (paléo- vient de palaios signifiant « ancien », et –logue vient de logos signifiant « la parole », « le discours »), la paléontologie étudie les organismes disparus ayant laissé dans les terrains sédimentaires des restes de leur corps ou des traces de leurs activités. Ces restes ou traces sont appelés fossiles (Du latin fossilis, « tiré de la terre », dérive de fodio, « fouir, creuser »).
Durant l’ère victorienne se développent les « nouvelles sciences » et l’exploration d’un monde qui s’ouvre à la colonisation, tandis qu’apparaît un nouveau genre littéraire attaché à la conquête de l’ailleurs.
Durant l’ère victorienne se développent les « nouvelles sciences » et l’exploration d’un monde qui s’ouvre à la colonisation, tandis qu’apparaît un nouveau genre littéraire attaché à la conquête de l’ailleurs.
Je me dois de commencer cet article par une déclaration qui contient en germe un aveu.
Dans le cadre du premier volet de la présente réflexion consacrée à la problématique de la spatialité dans le champ de la musique électronique contemporaine, nous avons établi qu’en dépit du fait que le deejaying reste caractérisé par ses dimensions déterritorialisantes et rhizomatiques, diverses marques spatiales peuvent néanmoins se retrouver actualisées à même la sélection musicale déployée via une prestation de disc jockey.
Dans l’ouvrage Poétique du mixtape (Girard, 2018), je mets en place une méthode, inspirée de la sémiologie d’obédience saussurienne, qui permet d’appréhender tout un pan de la musique pop contemporaine, soit celle que l’on appelle «électronique».
Type récurrent de «monstre» sanguinaire, objet tout spécial d’horreur et de dégoût, et instrument politique au premier chef, le monstre en soutane constitue déjà au XIXe siècle une des grandes figures criminelles de l’imaginaire social.
Depuis ses premiers textes, l’écrivain américain Kurt Vonnegut n’a cessé de faire intervenir sa famille dans ses trames narratives.
Ce n’est qu’en 2006 que le roman Casino Royale d’Ian Fleming a connu une adaptation cinématographique sérieuse.
Dans le contexte de réflexions sur les logiques formelles et internes des modes de création de produits provenant de franchises transmédiatiques contemporaines, il serait intéressant de se pencher sur la série Call of Duty, alors que le prochain titre, Black Ops IIII (2018), a été annoncé par la compagnie Activision quatre mois après la sortie de Call of Duty: WWII (2017).
Loin de viser une impossible exhaustivité (l’onde expansive de la « Popular Culture Explosion » que célébrait notre maître Ray Browne en 1972 n’a depuis cessé de croître dans le monde académique et il est désormais impossible de rendre compte de toutes les publications popologiques qui se bousculent chaque mois dans les étagères universitaires), nous voulons ici offrir un modeste outil pédagogique dont le besoin s’est fait sentir dans différents cours et qui vise à combler un vide important dans les ressources bibliographiques francophones.
La prison est un espace social où, derrière de hauts murs qui protègent des regards, la violence de l’État s’exerce dans toute sa nudité.
La guerre moderne vient à changer le rapport préalable que nous avions avec sa mise en fiction, d’abord dans la littérature puis ensuite au cinéma.
Les Années folles battent leur plein lorsque paraît le troisième roman de l’écrivain américain F. Scott Fitzgerald, The Great Gatsby, en 1925.
Le roman Sa Majesté des Mouches, de William Golding, témoigne d’une certaine violence fondatrice qui se dévoile chez des enfants, alors qu’ils sont prisonniers d’une île déserte et qu’ils tentent d’y fonder une sorte de civilisation.
Au début du XVIIe siècle, un jeune poète anglais du nom de John Milton rêve d’écrire une grande épopée destinée à glorifier l’histoire de l’Angleterre.
Créature magique issue du folklore scandinave, celtique et germanique, la figure légendaire de l’elfe a inspiré de nombreux auteurs de fantasy qui l’ont modelée à l’infini, créant des peuples entiers aux caractéristiques bien distinctes.
L’historien Stéphane Audoin-Rouzeau écrivait, en 2006, que les guerres modernes ont «fait voler en éclats une sphère protectrice de l’enfance en plein renforcement lors du [19e siècle] (en Europe tout au moins). L’intégration des enfants à la guerre […] caractérise aussi bien les deux conflits mondiaux que les conflits intra-étatiques» (3).
L’analyse va débuter avec deux citations liées au domaine des superhéros. La première est du bédéiste britannique Alan Moore, dont il sera question dans la première partie.
Depuis plus de 50 ans, Stephen King vit dans le Maine et il n’est pas près de le quitter.
L’univers romanesque de Stephen King se déploie sur une toile d’intertexualité interne et de petites références qui tissent des liens entre la plupart des romans de ce géant de la littérature américaine.
L’impact de l’œuvre de Stephen King sur la culture générale n’est plus à débattre.
Résumant un demi-siècle de littérature critique sur les comics, David Reynolds conclut que le récit superhéroïque américain peut être considéré comme un mythe au sens classique du terme, dans une acception large allant de Platon à Malinowski (Reynolds, 2012).
Les dinosaures occupent une place à part dans le bestiaire de la culture populaire.
Les recherches faites sur la téléréalité se sont largement intéressées aux produits des chaînes américaines et françaises pour établir les définitions des différents genres qui composent ce type d’émission.
Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, le déclin graduel de l’intérêt du public pour les superhéros (Wright: 72) incite certains joueurs de l’industrie de la bande dessinée à investir dans le genre moins exploité de la bande destinée humoristique destinée aux adolescents.
Privilégiant le privé au politique, le troisième long métrage de la cinéaste américaine Sofia Coppola, Marie Antoinette (2006), se présente comme un drame historique révisionniste.
Buffy the Vampire Slayer (BtVS) est une série télévisée créée par Joss Whedon, diffusée aux États-Unis sur la chaîne Warner Bros Television Network (The WB) de 1997 à 2003.
«What is this thing called ‘gay’? And is it any good?» — Mark Simpson
Je propose de partir d’un article tout récent, justificatif de son éthique et de ses méthodes, paru dans le Monde: «Intox bête, réponse courte : comment nous adaptons notre réponse aux fausses informations. Face à la multiplication des petits et gros bobards, nous mettons à jour nos outils.»
Si les productions Disney sont au cœur de nombreux débats sur les représentations du genre et des rapports entre les sexes, proposant en effet un type d’héroïne se devant d’être «obéissant[e], passi[ve] et s’adonner gentiment aux joies domestiques en attendant la venue de leur prince charmant» (Lurie, 1991, 32), on observe depuis quelques années une tendance progressiste chez Disney (Auger, 2014), qui propose des films d’animation avec des personnages principaux féminins forts et actifs, qui refusent le mariage et qui repensent positivement les stéréotypes traditionnels associés à la féminité.
Depuis la parution des premières fictions post-apocalyptiques, qui anticipent la vie après une catastrophe ayant détruit la majeure partie de la civilisation, les causes de la fin du monde se sont grandement diversifiées (catastrophe nucléaire, naturelle, biologique, sociale, technologique, etc.).
Dans le cadre du colloque Femmes ingouvernables: Repenser l’irrévérence féminine, Vicky Bertrand, Marie-Anick Blais, Catherine Chabot, Sarah Laurendeau et Marie-Noëlle Voisin ont présenté un extrait de la pièce Table rase.
Les spectateurs sortant des salles de cinéma projetant l’ultime volet des aventures de Wolverine ont sans doute été surpris d’être accompagné hors de l’univers des X-Men par la voix rocailleuse de Johnny Cash, chantant l’une de ses dernières compositions, The Man Comes Around (Cash, 2002).
Adapté du roman éponyme de Hubert Selby Jr., le second long métrage du réalisateur américain Darren Aronofsky, Requiem for a Dream, fait partie de ces films qui marquent la mémoire des spectateurs.
Si Batman est l’Amérique alors le Joker est la violence.
Le mythe de la créature par l’homme remonte, peut-être, au désir irrémédiable de ne pas mourir, ne pas vieillir, ne pas souffrir, et de tout obtenir, comme le rappelle Laurent Alexandre, l’auteur de La mort de la mort (2011).
On a souvent une vision archétypale de la bande dessinée lorsqu’il s’agit d’illustrer l’héroïsme et ses manifestations.
Parmi les nombreuses variations mettant aux prises créateur et créature en science-fiction, une configuration met bien en évidence ce que l’anthropocentrisme peut avoir d’excessivement orgueilleux: la représentation de l’éviction, moins par la violence que par une sorte d’inexorable nécessité, de notre espèce –se croyant au pinacle de l’évolution– par l’espèce qu’elle a créée, et dont l’infériorité prétendument ontologique devait couronner une maîtrise totale de la nature.
Les premières plongées abyssales réalisées dans les années 1950 grâce au bathyscaphe inventé par le physicien suisse Auguste Piccard ont permis d’atteindre des fonds situés à plusieurs milliers de mètres sous la surface de l’eau.
Après une présentation que j’ai faite dans un colloque il y a quelques années, on m’a critiquée en me disant que mes propos revenaient à chercher des poux dans la tête de quelqu’un, c’est-à-dire, grosso modo, à voir des problèmes là où il n’y en a pas. J’aurais eu envie de répondre qu’au contraire, des «poux», il y en a partout, tout le temps, de toutes les sortes.
Le succès du film Tournée (Amalric, 2010), mais aussi des films Too Much Pussy! (Jouvet, 2010) ou encore, dans un registre plus hollywoodien, Burlesque (Antin, 2010) ont participé au regain d’intérêt actuel du grand public pour le néo-burlesque en France et au Québec.
Dans le cadre de mon parcours à la maîtrise en études littéraires, j’étudie les figures de la Sad Girl (Wollen), la Sick Woman (Hedva) et la femme postblessée (Jamison) comme femmes ingouvernables en littérature.
Il y a une croyance tenace selon laquelle il existerait un «sens de l’humour», une essence de l’humour plus ou moins universelle, plus ou moins reconnaissable.
Qu’on se le dise, les femmes en science-fiction ont souvent été comparées à deux catégories différentes relativement semblables.
L’industrie de la musique demeure très typée en ce qui concerne les rôles genrés. On place traditionnellement les femmes du côté de la pop, alors que l’on considère le rock et les autres genres alternatifs comme une chasse gardée masculine.
Il y a de ça environ cinq ans, j’ai vécu une épiphanie cinématographique.
Dans le cadre de cette réflexion sur la figure de la «femme ingouvernable», il me paraît fort pertinent d’analyser la série télévisée britannique créée par Allan Cubitt The Fall, dans laquelle Gillian Anderson incarne l’équivalent d’une inspectrice en chef qui, tout en adoptant les codes de la féminité conventionnelle, parvient néanmoins à asseoir progressivement une véritable autorité au sein d’une hiérarchie policière, par définition essentiellement masculine, et à défier les relations de pouvoir et de domination qui la structurent.
De tous les temps, les artistes ont observé, décortiqué et tordu le corps humain. Mais qu’en est-il lorsque la réalité technologique le fait disparaître?
Dès leurs débuts sur la scène musicale québécoise, le groupe Les Trois Accords nous a habitué à des mélodies accrocheuses jumelées à des paroles que certains ont qualifiées d’absurdes (Papineau, 2012: 130).
Que Batman puisse être considéré comme un personnage romanesque, cela semble concevable.
Il est difficile de se faire une opinion de cet étrange petit livre de Mathieu Arsenault, publié aux éditions Le Quartanier en 2014.
D’abord publié sous la forme de onze comic books sur près d’une décennie (1989-1996) (Lainé: 137), le roman graphique From Hell (1999) du scénariste Alan Moore et du graphiste Eddie Campbell dépeint les cinq meurtres canoniques associés à la figure évasive du tueur en série Jack the Ripper comme ayant été commandités par la reine Victoria d’Angleterre.
Selon Adrienne Boutang et Cécilia Sauvage, auteures de l’ouvrage Les Teen Movies, le teen movie est un genre multiforme et singularisant qui englobe un ensemble de sous-genres cinématographiques hétéroclites qui n’ont en commun que leur focalisation sur une tranche d’âge spécifique (Boutang et Sauvage, 2011: 10).
Depuis la naissance de l’idole virtuelle japonaise HATSUNE Miku en 2007, son ascension ne cesse de croître de manière exponentielle, passant tour à tour des frontières du virtuel au tangible et de l’archipel nippon au reste du monde.
Le «Cool Japan» est une expression controversée inventée par le gouvernement japonais en 2002 pour promouvoir la culture japonaise à travers le monde et en faire une arme diplomatique.
«The more successful the villain, the more successful the movie».
Dans une entrevue qu’elle donne dans le cadre de l’émission spéciale «Harry Potter and Me», sur la BBC en 2001, J.K. Rowling, l’auteure de la série à succès Harry Potter, témoigne de son étonnement.
Si les débuts de Swamp Thing proposaient déjà une double conscience (humaine/végétale), la série —surtout depuis le passage d’Alan Moore sur le titre— a généralement fait la part belle aux états de conscience altérés, qu’ils soient ceux du personnage titre ou ceux de ses proches.
Swamp Thing est un personnage marginal dans l’histoire de DC Comics —sur le plan commercial, à tout le moins.
Le cinéma de Sion Sono a ceci de remarquable qu’il ne se donne pas l’horreur comme fin, mais comme moyen.
Deux espions de camps farouchement opposés et pourtant liés par le même modus vivendi: suivre les règles d’un jeu dont ils ne sont que les pions.
J’adore la série Batman des années 60 (1966-1968) avec Adam West.
Chez Robbe-Grillet, le fantasme sexuel transite toujours par l’intermédiaire d’un cadre autoritariste artificiel, que l’on songe à la prison religieuse de Glissements progressifs du plaisirs, à l’intérieur de laquelle sont châtiées, dans des mises en scène dignes de l’inquisition, des jeunes filles faussement ingénues, ou encore aux souterrains et autres temples mystérieux de Souvenirs du triangle d’or et de C’est Gradiva qui vous appelle.
Dès sa publication en 1847, Wuthering Heights d’Emily Brontë fait scandale auprès des contemporains de l’auteure, lesquels, choqués par l’éloignement de l’œuvre «de l’ordre moral victorien» (Lanone: 5), reprochaient au roman sa violence (Lanone: 5).
Martin Scorsese signe en 1991 une nouvelle version du film Cape Fear que le réalisateur Jack Lee Thompson a fait paraître en 1962.
Mémoire morte est une bande dessinée de 62 pages réalisée par Marc-Antoine Mathieu et publiée en 2000 aux éditions Guy Delcourt Productions.
La bande dessinée The Walking Dead de Robert Kirkman est une série culte qui, en surfant sur la vague enclenchée par le succès de 28 Days Later du réalisateur Danny Boyle, a popularisé le zombie pour un large public grâce à son adaptation télévisuelle.
From Hell prend son titre d’une lettre –désormais fameuse– reçue par les autorités londoniennes de 1888.
De Pierrot assassin de sa femme (1881) à Pierrot mormon (1888), on l’a vu, la folie homicide de Pierrot (incarnation décadente de la vieille connivence occidentale entre le fou et la mort) semble contaminer le réel.
Le clown maléfique, inversion nocturne (pour reprendre des termes durandiens) du culte solaire du clown bon enfant et mutation perverse de la figure sentimentale du clown triste tel que décliné dans des milliers de figurines kitsch (de la mélancolie on passe, comme chez Gacy, à la pure manie homicide), plonge ses racines, comme tant d’autres figures de notre culture populaire, dans le Romantisme noir.
Entre le roman de Stephen King qui cristallise définitivement la figure du clown maléfique et son adaptation télévisuelle qui la dissémine sur les tubes catodiques, l’avatar protéiforme du Grand Ancien primordial avait été suivi par une véritable cohorte de clowns psychopathes, dont les extraterrestres Killer Klowns from Outer Space (1988) qui littéralisent comme lui l’altérité foncière de la persona clownesque.
Signes avant-coureurs de l’Halloween, carnavalisation de la mort et autres phobies sécrétées par nos sociétés obsidionales, les clowns maléfiques sont de retour.
Nous évoquons l’entrée des dinosaures en littérature et l’évolution de leurs descriptions par des romanciers, parallèle à la lente reconnaissance de leur nature par les paléontologues.
Par définition, est «dinomaniaque» toute personne qui est obnubilée par les dinosaures.
L’adaptation cinématographique est une transposition consistant à prendre un livre et, à l’aide de diverses transformations dues au nouveau média qu’est le film, à faire de l’œuvre de base un tout autre objet.
«Qui pense pirate aujourd’hui, voit apparaître les réfractaires de la grande époque, 1630-1730, dont les navires au pavillon noir sillonnaient la mer des Antilles ou l’océan Indien» (Deschamps, 1962: 35).
Depuis le modernisme, le roman d’aventures a subi une série de changements considérables dans sa structure narrative: dans ses thèmes, plus particulièrement, et dans sa façon de mettre en récit l’espace, l’intrigue et le temps.
Quel meilleur exemple pourrait-il y avoir de l’aventure que la piraterie?
«L’aventure introduit dans la lecture, donc dans la vie, la part du rêve, parce que le possible s’y distingue mal de l’impossible; elle exalte l’instant aux dépens de l’ennuyeuse continuité de la durée; elle joue la vie ou la mort tout de suite, pour échapper à la mort qui nous attend au loin.» (206).
L’une des rares suites de Spielberg, Le monde perdu, reprend et complète plusieurs thématiques et séquences du premier film.
L’année 2015 a été marquée au cinéma par l’arrivée de deux blockbusters très attendus: Jurassic World et Avengers: Age of Ultron.
Le sol nord-américain regorge d’ossements de dinosaures.
Lorsqu’il apprend à Wendy la naissance des fées au premier éclat de rire d’un enfant et leur mort quand celui-ci s’exclame ne plus croire en leur existence, Peter Pan évoque le rapport entre le monde imaginaire et le monde réel.
Alan Moore est un bédéiste émérite qui a su modifier grandement la tradition superhéroïque avec des œuvres comme V pour Vendetta (1982-90) et Watchmen (1986-7).
Depuis son apparition dans la littérature britannique au XIXe siècle, la figure du savant fou a subi de nombreuses métamorphoses, en fonction des grandes découvertes scientifiques et des nouvelles formes de fiction investies.
L’histoire de la médecine occidentale a parfois des tendances positivistes.
Les qualités du Cycle de Dune de Frank Herbert sont difficilement dénombrables tant est dense cet univers, tant sont complexes ses ramifications dans de nombreux domaines du savoir et de la pensée, tant sont actuelles ses réflexions sur l’humanité, l’écologie et l’histoire, sur le temps, l’identité de l’être, la politique, et j’en passe.
L’univers miroir finit par ne plus paraître si étrange, ou du moins autant qu’il est «familier» comme le remarque Stan Hunter Krank.
Créée par J. J. Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci et diffusée sur la chaîne américaine Fox de 2008 à 2013, la série Fringe suit un groupe d’enquêteurs du FBI confronté à des actes de terrorisme hors du commun.
Les féministes ne parviennent pas à trancher quant à la question de la pornographie, se divisant alors en deux castes: celle réunissant les féministes anti-pornographie et celle réunissant les féministes pro-sexe.
La saga consacrée au boxeur Rocky Balboa vient de connaître un spin–off avec Creed, le nouveau film de Ryan Coogler, réalisateur de Fruitvale Station en 2013.
La sortie à l’été 2015 du quatrième volet de Jurassic Park, modèle de l’entertainment «spielbergien» pour les enfants de 7 à 77 ans nous montre que notre «dinomanie» n’a jamais été si forte.
Les dinosaures ont vécu sur notre planète entre 240 millions et 66 millions d’années.
Si le terme dinosaure a été créé en anglais dans les années 1840, son transfert lexical et sémantique en France fut lent et difficile: en 1873 et en 1883, Littré cite le dinosaurien, mais sa définition est très floue: «Reptile gigantesque découvert dans l’oolithe de la Grande-Bretagne.»
De nombreuses obsessions traversent la vie d’un homme. Les dinosaures en sont bien souvent une et nombre de petits garçons, car il s’agit bien là d’une figure encore très genrée de l’imaginaire enfantin, se sont pris d’amour pour ces créatures, que ce soit au travers de livres illustrés, de figurines en plastique ou de films grand spectacle.
Le film de Terrence Malick, The Tree of Life (2011), est innervé par l’imaginaire des dinosaures, qu’il utilise au cœur de son récit comme un motif poétique capable d’approfondir et d’éclairer ses riches significations.
Gros, féroce et éteint: la réponse faite à Stephen Jay Gould s’interrogeant sur le statut culturel du dinosaure résume trois éléments de la fascination provoquée par le dinosaure: la sidération devant le gigantesque (Alan Grant en contre-plongée devant le premier brachiosaure), la peur devant l’effroyable (Alan Grant pétrifié devant le tyrannosaure), et le fantasme du rêve éveillé (Alan Grant en train de chanter à l’unisson d’un paisible troupeau d’herbivores).
Le film Old School de Todd Philips (2003) raconte l’histoire de trois trentenaires qui essaient tant bien que mal de revivre les excès de la vie étudiante et de l’univers des fraternités, et ce, sans même aller à l’université.
Le désir fétichiste se construit comme l’on sait sur la métaphore et la métonymie comme signifiants de la substitution.
Une seule journée aura suffi, après la sortie du tant attendu épisode 7 de la saga Star Wars, pour que les ventes DVD de la plus célèbre parodie porno de cette dernière, Star Wars XXX (2012), augmentent de façon spectaculaire,
Le cinéaste américain Gregg Araki est l’une des figures emblématiques du New Queer Cinema.
Depuis le promontoire de notre postmodernisme recycleur, la «popification» semble bien la moindre des choses.
L’héritage magistral de la musique classique (depuis Bach) — sans chercher a disqualifier celle-ci pour autant — serait celui d’une rationalisation à l’extrême de la pulsion musicale qui nous habite (arranger, composer, annoter, accorder, harmoniser, mesurer, etc).
Le débat entourant l’influence d’un territoire ou d’une nation sur l’œuvre d’un artiste semble indénouable.
En décembre 1942, le film Cat People, du réalisateur français Jacques Tourneur, sort sur les écrans américains.
Si la pornographie a longtemps été considérée comme un sous-genre méprisable, elle a fini par se démocratiser au point de devenir l’un des grands genres cinématographiques du divertissement populaire, à côté du thriller, du film d’horreur et de la comédie sentimentale.
Laurence J. Peter et Raymond Hull publiaient en 1969 The Peter Principle, un essai qui, selon ses auteurs, jetait les bases d’«une nouvelle science, la hiérarchologie, ou étude des hiérarchies».
Le cycle de Westeros n’est pas une œuvre de fantasy comme les autres.
Pour les gens ayant traversé la décennie 90, une des premières figures vikings popularisées fut celle des Lost Vikings, légendaire jeu de Super Nintendo sorti en 1992 avec une suite en 1994.
Bruce Labruce est, sans aucun doute, l’un des auteurs queers les plus connus à l’étranger bien qu’il ne connaisse qu’un très mince succès dans son pays.
Dans un monde actuel où toute violence est occultée, irrecevable, la violence inaugurale des populations primitives est impressionnante et empreinte de ce que nous concevons comme étant une cruauté pure.
L’analyse suivante tente de mettre en perspective deux films du mouvement cinématographique néo-noir: Memento de Christopher Nolan (2001) et Shutter Island de Martin Scorsese (2010).
La réflexion que propose le thème de ce colloque m’incite naturellement à transposer les questions qu’il sous-tend au domaine qui est le mien: l’Art.
L’écart entre les représentations des personnages et l’atmosphère du récit est considérable dans les différentes adaptations des récits de Conan Doyle.
1948. Boris Vian fait paraître en France Et on tuera tous les affreux sous le pseudonyme de Vernon Sullivan.
Cet article repose sur un questionnement général sur la représentation des femmes en arts.
L’archétype de la shieldmaiden consiste en un amalgame de figures féminines guerrières parcourant les mythes scandinaves et qui, récupéré en force par la culture populaire contemporaine, se conçoit comme un territoire d’exploration autour de l’idée de versatilité et de coprésence des genres.
Dans L’Histoire sans fin de Michael Ende, le jeune Bastien est aspiré dans le monde fictionnel alors qu’il lit les aventures d’Atréju, un guerrier chargé de trouver un remède à la maladie de la Petite Impératrice du Pays Fantastique.
Le fantastique en littérature est assujetti à de multiples critiques théoriques depuis la publication en 1951 de la thèse de Pierre-Georges Castex Le conte fantastique en France de Nodier à Maupassant, qui qualifie l’évènement fantastique de «rupture» dans «la trame de la réalité quotidienne» (1951: 8).
Le roman policier contemporain comporte une large part métafictionnelle qui influe sur l’activité de lecture.
«Nous sommes aux confins du monde. Finis terrae, la fin de la terre, et son commencement, devant moi.»
Maurice Leblanc doit son passage à la postérité au seul personnage d’Arsène Lupin. Sans celui-ci, nul doute que le nom de cet auteur normand serait inévitablement tombé dans l’oubli.
Parallèlement aux fantasmes de la mythologie politique, la littérature populaire s’est emparée dès l’âge des Lumières de tout l’imaginaire satanique auquel on ne croyait plus (tout à fait) pour en faire une prodigieuse machinerie à fictions.
C’est bien connu, tout supervilain qui se respecte, du Lord Business de Lego (2014) à Ultron dans le nouvel Avengers (2015), est tenté à un moment ou à un autre par l’idée de détruire le monde.
La série est très récente et n’est pas encore finie et il faudrait en avoir une vision complète pour faire un plus juste bilan des arguments qu’elle déploie.
Frank Miller ne semblait pas dissimuler son enthousiasme dans ce témoignage formulé en l’an 2000. Sa pensée amorce, treize ans plus tard, l’introduction du massif ouvrage rouge et noir rééditant sa collaboration avec Klaus Janson autour du «fearless man» de Marvel, Daredevil.
La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero établit une première frontière entre le concept du processus d’imagination et son actualisation dans un univers qui lui est propre.
Très tôt dans son histoire, l’énigme, fondement du genre policier, incite à machiner deux registres: la double histoire et la narration réticente.
La greffe est un sujet privilégié dans les productions culturelles – littéraires ou cinématographiques – relevant des genres du fantastique, de l’horreur et de la science-fiction.
Dans ce qui suit, j’entends comparer deux greffeurs fictifs: le docteur Genessier, qui apparaît dans Les yeux sans visage (1960) de Georges Franju, et le docteur Ledgard, vedette de La piel que habito (2011) de Pedro Almodóvar.
Certains romans traversent l’histoire par leur capacité à toucher un imaginaire universel, d’autres par les remous que provoque leur publication.
Le mort-vivant envahit, depuis le tournant des années 2000, pour citer Antonio Dominguez Leiva, «les moindres recoins de l’iconosphère globale» (2010: 19).
L’entre-deux-guerres française voit apparaître une production nouvelle de romans d’aventures littéraires.
L’apport de Chris Claremont, Dave Cockrum et John Byrne au comic book américain a longtemps été circonscrit à l’édification de la famille de mutants les X-Men, l’inclusion dans leurs aventures des revendications sociales de l’après-guerre du Viêtnam et la popularisation de personnages aujourd’hui célèbres (Wolverine, Phoenix, etc.).
Si Phœnix, nous l’avons dit, incarne la machine identitaire déglinguée, Proteus et ses pouvoirs homogénéisant est conceptuellement plus passionnant, faisant face à des mutants dont l’identité repose existentiellement sur ces pouvoirs qui les rendent différents, ces pouvoirs qui font la différence.
À première vue, la téléréalité contemporaine est très éloignée du genre romanesque français des XVIIe et XVIIIe siècles.
L’automne tombe. Tout tombe. Surtout la lumière. Le soir, très tôt, les ombres dominent les rues brumeuses de la ville, tandis que la lumière du jour se fait de plus en plus brève, mais toujours plus puissante. Et une chance pour nous, Batman fait seulement partie de notre mythologie populaire et non de notre quotidien.
Pour évoquer le personnage de Batman, qui pourrait constituer une image d’Epinal du vigilante et du justicier masqué dans l’imaginaire collectif, il faut rappeler que sa carrière est longue et s’exprime sur des supports variés.
La série Bioshock, développée par le studio Irrational Games et dirigée par Ken Levine prend le parti de faire visiter aux joueurs des villes imaginaires immersives par la richesse de leur culture et de leurs ramifications politiques et sociales.
La notion moderne de culture populaire dans le champ des sciences humaines émerge de manière problématique au cours du XIXe siècle et sera le sujet d’une discussion centenaire, laquelle entraînera une indistinction progressive des notions de haute et basse culture.
La Deuxième Guerre mondiale a transformé l’Histoire non plus seulement dans les faits, mais dans son régime d’historicité même.
«Some dreams come true, some don’t. Keep on dreaming.»
La notion de genre en littérature est, comme toute entreprise de catégorisation, fortement marquée par la contrainte.
L’adolescence, quel mot joue, plus que celui-là, sur l’imaginaire social et les clichés en tout genre?
Dans l’espace social numérique, les représentations de soi s’inscrivent dans un continuum dont les bornes sont constituées par l’identité civile (ancrée par le nomem verum) et l’identité virtuelle sous-tendue par le pseudonyme (Martin, 2006) et l’avatar.
Miodrag Bulatović (1930-1991), l’écrivain serbo-monténégrin traduit dans une trentaine de langues, a choisi lui-même ses pages érotiques qu’il a publiées en 1983, Jahač nad jahačima (Le meilleur des monteurs de chevaux).
Revolutionary Road, écrit en 1961 par Richard Yates, relate les effets de la vie banlieusarde et de ses idéologies sur le quotidien d’êtres anticonformistes.
«L’artiste en moi vient de prendre le pas sur le gentleman.» (Nabokov, Lolita)
Alors que la trilogie d’Erika Leonard James, dont Cinquante Nuances de Grey est le premier volet, a battu des records de vente dès sa publication, d’aucuns se demandent la source d’un si grand succès; certains allant même jusqu’à octroyer à Anastasia Steele le titre de la pire narratrice de l’histoire de la littérature.
Contrairement à la culture élitiste réputée pour s’adresser à une population particulièrement instruite, la culture de masse revêt une connotation péjorative pour ce qu’elle n’exigerait aucun bagage culturel approfondi pour être appréciée.
Nous assistons depuis quelques années à une tendance dans la littérature destinée aux adolescents: celle de la science-fiction dystopique.
Dans La société du spectacle, en 1967, Guy Debord prépare le terrain au concept de simulation, élaboré par Jean Baudrillard en 1981, en affirmant que «[t]oute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles» (10) et que «[t]out ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.» (10)
Publié sous forme de roman en 1857, Madame Bovary1 de Gustave Flaubert a fait scandale. Le récit relate la vie d’Emma Bovary depuis sa rencontre avec son futur mari, le docteur Charles Bovary, jusqu’à sa mort quelques années plus tard.
En études littéraires, les catégories génériques font souvent l’objet d’analyses et leur étude constitue une approche fort pertinente pour situer une œuvre par rapport à d’autres œuvres similaires l’ayant précédée.
L’influence de William S. Burroughs sur le milieu de la bande dessinée et du comic book anglo-saxon est aujourd’hui encore peu documentée ; celle-ci demeure, à vrai dire, peu abordée dans des ouvrages critiques pourtant de référence qui se concentrent, essentiellement, sur une œuvre romanesque et programmatique.
Tout au long de Om Shanti Om est filée la métaphore de la vie comme film, d’un Grand Scénariste rédigeant notre destin, le tout en lien, bien évidemment, avec le récit de réincarnation et ses présupposés.
La relation du fan à la star, telle qu’elle a été précédemment soulevée en conclusion du premier volet de cette analyse, nous permet d’étudier un autre discours important du film, celui de la formation des icônes cultes et du fantasme de la culture de fans.
L’industrie du cinéma populaire indien, ce fameux «Bollywood», est encore très méconnue en Occident et en Amérique.
Comme l’explique Thomas Pillard dans un article de la revue Transatlantica, les films noirs sont «des films où l’acte de tuer et le fait de mourir sont des événements narratifs à la fois probables, “sérieux” et décisifs, sur lesquels reposent véritablement les intrigues des films ainsi que leur ampleur dramatique» (Pillard, 2012).
Voici ce qu’a dit le jeune Carl à ses cadets lorsque ces derniers donnaient des noms aux «zombies» qui se pressaient sur le grillage de la clôture, devant eux.
L’histoire commence avec l’image d’un château bien connu, mais différent. Il est suivi d’une ombre humanoïde, mais anguleuse et cornue.
Port Tropique fait écho à des romans et des récits d’aventures passés tout en ancrant son histoire dans un contexte moderne.
La problématisation du roman d’aventures qui se dessine au tournant du XXe siècle ne crée pas une coupure nette avec les codes traditionnels de ce genre littéraire.
Plutôt que des œuvres, il survient parfois que des individus deviennent objets de culte.
L’adaptation par Walter Salles du cultissime roman On the Road (2012) vient parachever un processus de recyclage culturel de la génération Beat, «rebootée» pour la génération (néo)hipster (le film lui-même semble, plus qu’une adaptation, le reboot d’une franchise imaginaire).
Récit à la frontière des genres, Voyage au bout de la solitude pérennise l’histoire de Christopher McCandless, ainsi que celle de plusieurs autres aventuriers dont le destin s’apparente à celui du jeune homme.
Dans l’imaginaire du Sud-Ouest américain, la violence constitue un élément identitaire crucial depuis les premiers westerns jusqu’à nos fictions les plus récentes.
Elle est née sous le nom de Stefani Germanotta, mais le monde la connaît comme Lady Gaga. Deux albums lui ont suffi pour s’introniser en reine du la pop.
Le carnaval est une forme de culture populaire ancrée dans nos sociétés.
«Brainy is the new sexy», lance Irene Adler à Sherlock Holmes, dans la série britannique Sherlock.
La violence, à la fois physique et psychologique, chez les adolescents est un sujet considérablement abordé dans les médias ainsi que dans les œuvres littéraires et cinématographiques depuis la fin des années cinquante lors desquelles le jeune voyou s’établit petit à petit comme une figure centrale du grand écran.
En mars 1963, Louis Marcorelles publie dans les Cahiers du cinéma une critique consacrée à Lolita de Stanley Kubrick intitulé «Témoignage dévastateur».
Il suffit de demander à quelques amateurs et créateurs de comic books quel est l’auteur ayant le plus marqué le médium pour obtenir une réponse unanime: Alan Moore.
Si le but des philosophes est généralement de lutter contre la violence, la culture populaire semble devoir, dans son processus d’accessibilité et d’autoréférence, produire une violence de plus en plus élaborée.
Il est du propre de la critique de cinéma, et souvent des cinéphiles eux-mêmes, de tenter de catégoriser et de regrouper les films qui présentent un renouveau stylistique ou thématique.
«On peut s’imaginer des mondes possibles sans péché et sans malheur, et on en pourrait faire comme des romans, des utopies […]; mais ces mondes seraient fort inférieurs en bien au nôtre.» (G.W. Leibniz)
La communauté lesbienne gaie bisexuelle trans –genre et sexuelle– ou queer (ci-dessous LGBTQ) vit depuis toujours en marge de la société, en quête de reconnaissance et d’intégration.
Au fil des productions, tout concourt à rendre de plus en plus ambiguë la relation entre Batman et Joker.
Créé par Jerry Robinson, Bill Finger et Bob Kane, c’est au printemps 1940 que le Joker apparaît pour la première fois dans Batman #1; il est devenu depuis le pire ennemi du héros du même nom.
Dans son film Paradis: Espoir, tourné en 2011, le scénariste et réalisateur autrichien Ulrich Seidl raconte et met en scène l’histoire d’une adolescente de treize ans, Melanie, qui, alors qu’elle passe ses vacances dans un camp d’amaigrissement, tombe amoureuse du médecin diététicien, d’une quarantaine d’années son aîné.
Le roman d’aventures est un genre littéraire vaste se déclinant en types et sous-genres de toutes sortes, tributaires du contexte social dans lequel ils sont nés.
CÉRÉALES KILLERS ou comment comprendre les secrets séculaires des symboles totémiques ornant les boîtes de ces si délicieuses céréales sucrées.
La suprématie du 2.0 fait en sorte que nous sommes tous les jours confrontés à une multitude d’images et de mots qui nous percutent sans que nous nous en rendions vraiment compte.
Lost, télésérie qui a soulevé les passions sur les ondes du réseau américain ABC pendant plus de 6 ans, est aujourd’hui malheureusement célèbre pour sa fin.
Est-il besoin de citer la clairvoyante ouverture de La Société du Spectacle: «Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles.
L’ouvrage de Alain Ehrenberg L’individu incertain, paru en 1995, annonçait de façon prémonitoire ce qui, neuf ans plus tard, poussait Mark Zuckerberg à fonder Facebook.
Une compagnie d’animation est fondée en 1923 par Walt et Roy Disney sous le nom de Disney Brothers Cartoon Studio, dans la foulée de l’après-guerre.
L’adolescence, véritable pont entre l’enfance et l’âge adulte, est synonyme d’une grande métamorphose, autant physique que psychologique.
Dans la société de consommation où tout devient un produit de vente, la paralittérature se métamorphose rapidement.
Le phénomène de la chick lit est relativement récent puisque le roman Le journal de Bridget Jones d’Helen Fielding publié en 1996 serait la première œuvre représentative du genre.
La dernière sensation virale sur le Web (plus de 10 millions de vues en 5 jours), en ce 3 février 2014, est une publicité australienne écrite et réalisée par Henry Inglis et Aaron McCann, «Set Yourself Free».
Nous tenterons ici d’illustrer comment Wong Kar-wai transpose certains codes du cinéma de Kung Fu traditionnel de manière à subvertir les ambitions habituelles du genre.
La postmodernité est «l’expression momentanée d’une crise de la modernité qui frappe la société occidentale», à la fin du XXe siècle, et elle se caractérise par une contestation de ce qui est venu avant elle: c’est le rejet les idées modernes d’universalité et de vérité essentielle.
L’époque victorienne est généralement apparue, dans l’histoire britannique, comme une période très positive, tant en progrès techniques qu’en avancées sociales.
Afin d’effectuer le rapprochement entre la série télévisuelle Dexter et la figure du tueur en série, il est nécessaire de comprendre globalement la place de la violence dans la culture américaine.
Tout navigateur le sait bien, l’écoute est affaire d’âme et de gaine.
Les Pôles sont devenus, au fil du temps, des pages blanches où l’imaginaire, cette autre écriture en suspension, n’a eu de cesse de projeter angoisses et espoirs.
«L’aventure introduit dans la lecture, donc dans la vie, la part du rêve, parce que le possible s’y distingue mal de l’impossible.»
Il y a 100 ans Arthur Conan Doyle se détournait de l’univers de la modernité qu’il avait réussi à réenchanter à travers la saga de son mythique Sherlock Holmes pour nous plonger à jamais dans son Monde Perdu (The Lost World).
L’histoire littéraire est aussi l’histoire du rejet de nombreuses formes d’écriture. Celle des femmes, dont nous parle Virginia Woolf dans Une chambre à soi.
Sorti en 1992 sous le titre Dead Alive en Amérique du Nord, Braindead est un film néo-zélandais coécrit et dirigé par Peter Jackson.
Le lien entre l’enfance et la féminité constitue pour les surréalistes français un sujet qui occupe une place capitale dans leur univers érotique.
Dans une entrevue publiée en 1997 avec Pierre Assouline, Jean-Luc Godard insiste qu’il est tout à fait inutile d’adapter au cinéma de grandes œuvres littéraires puisque le résultat, selon lui, ne peut être que décevant.
«We lied. We are not at war. There is no enemy. This is a rescue operation»
«You’re supposed to be reputable scientists! Not two dorm kids freaking on Mexican mushrooms!»
Grâce à Internet, The Blair Witch Project a mené une campagne de publicité qui inscrivait le film dans la réalité en répandant la rumeur de la véracité de l’enregistrement.
Banksy et Jonnystyle usent tous deux d’humour ironique dans leur satire des industries médiatiques.
À 20h, sur les ondes de Fox, Lisa et Bart quittent l’école, Homer revient du travail et Marge termine son épicerie: c’est l’heure du prime time et la famille arrive juste à temps sur le canapé pour assister au début de The Simpsons.
Avec l’essor de YouTube vers 2005, on a assisté à l’émergence d’un nouvel objet culturel de masse: la vidéo virale.
Jack l’Éventreur et Sherlock Holmes: ces deux noms ont marqué l’imaginaire populaire des Britanniques au tournant du XIXe siècle, et non sans raison.
Guy Ritchie a produit en 2011 la plus récente adaptation cinématographique des légendaires aventures de Sherlock Holmes, A Game of Shadows, mettant en vedette Robert Downey Jr. dans le rôle du détective ainsi que Jude Law qui interprète le docteur Watson.
Dans les dernières semaines, une série d’ouvrage a beaucoup fait parler d’elle sur les réseaux sociaux.
Samedi dernier, lors d’une réunion du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord à Treviglio, le très polémique sénateur Roberto Calderoli déclara à propos de la ministre italienne d’origine congolaise, Cecile Kyenge…
Dans une des bandes annonces du film The Dark Knight Rises, les images étaient entrecoupées d’un écran noir duquel ressortaient les mots «espoir brisé», «foi perdue», «tout va s’embraser».
Il est aussi possible de voir cette comparaison des humains aux zombies dans les insultes que les personnages s’attribuent.
L’homme parlait, même avant l’Antiquité, du retour des morts dans le monde des vivants.
La scène qui ouvre le premier épisode des aventures d’Alien avec une femme lieutenant nommée Ripley, nous plonge dans l’espace clos d’un vaisseau spatial recelant des berceaux de verre où les personnages, deux femmes et cinq hommes, sont en «hypersommeil».
Je suis toujours émue au souvenir de la première rencontre qui scella mon amitié avec Henri Lavondès alors que je poursuivais mon initiation à l’ethnologie.
Malgré la double adversité du chauvinisme masculin et de l’alien, Ripley va avoir le courage de continuer à s’exprimer au point de réussir à faire entendre sa voix jusqu’au bout.
Dans la littérature anglo-saxonne consacrée aux extraterrestres au cinéma, on s’accorde généralement à reconnaître l’importance d’Alien, le huitième passager (1979) de Ridley Scott.
Si les réactions des spectateurs de 2013 ne sont plus celles des spectateurs de 1979, elles demeurent vives et posent la question de savoir comment on peut éprouver du plaisir à voir non seulement des hommes mourir sous les coups de l’alien, mais aussi à souffrir soi-même d’une émotion aussi pénible que celle de l’horreur.
La revue Kinephanos publiait en juillet 2012 son troisième volume intitulé: «Plurilinguisme dans les arts populaires/Multilinguism in Popular Arts».
Nous nous attarderons ici à comparer deux objets culturels liés à ce phénomène, un magazine plus populaire, le Food&Wine, et une autre publication qu’on pourrait pratiquement qualifier de revue d’art, le Lucky Peach.
Depuis quinze ans, l’explosion des réseaux sociaux a suscité la rédaction d’abondants commentaires critiques et d’ouvrages généraux et spécialisés, touchant des disciplines comme la sociologie, la vente ou la communication, qui rendent compte de leur évolution par l’intermédiaire du numérique.
On utilise souvent le terme de «populisme» de manière hasardeuse en Europe. L’épithète «populiste» peut être attribuée à des personnalités très différentes comme Jean-Luc Mélenchon, Pierre Poujade, Silvio Berlusconi ou encore Jean-Marie Le Pen.
Star Trek marqua la popularisation dans le petit écran d’un sous-genre littéraire déjà vieux d’un siècle à l’époque de son premier épisode (1966), le space opera.
Une communauté est un «[g]roupe social ayant des caractères, des intérêts communs [ou encore l’]ensemble des habitants d’un même lieu, d’un même État1», ce qui implique alors une proximité physique entre les individus d’une même communauté une langue commune ainsi que des références culturelles communes.
Avec Iron Man, dont nous fêtons les 50 ans (Tales of Suspense, #39 Mars 1963), la super-héroïcité est toute entière externalisée; l’armure seule est dotée de superpouvoirs poussant jusqu’au bout le traditionnel clivage entre les deux personnalités, sociale et super-héroïque, devenue ici une scission du sujet: le dissolu Tony Stark, le métallique Iron Man…
Pour analyser plus précisément ces fragments audiovisuels, nous nous sommes d’abord attachés à faire le tour de la littérature scientifique du clip vidéo musical.
Notre propos s’attache aux productions de clips sur YouTube par des internautes à partir du montage de musiques pop et de leurs scènes homoérotiques préférées tirées de séries télévisuelles.
Le livre Au secours pardon, paru en 2007, se présente comme la suite du roman 99 francs, publié en 2000: à sa sortie de prison où il a été incarcéré pour complicité de meurtre, le protagoniste, ancien publicitaire, devient talent scout et se voit chargé de recruter le nouveau visage de la société de cosmétiques mondialement connue L’Idéal.
Depuis les années 1960, la télévision s’est taillé une place de plus en plus grande dans notre quotidien, jusqu’à devenir indispensable pour plusieurs.
Sex and the City raconte les pérégrinations et confessions amoureuses de quatre amies new-yorkaises: Carrie Bradshaw, Miranda Hobbes, Samantha Jones et Charlotte York.
Les vêtements de Sex and the City sont partie prenante de la série, devenant presque un personnage à part entière. Ils sont réellement une extension de chacun des quatre personnages principaux et, par le fait même, une affirmation d’elles.
La série d’HBO Sex and the City, lorsqu’elle a été mise en ondes en 1998, a eu l’effet d’une bombe: jamais encore on n’avait parlé de la femme aussi crument à la télévision, surtout en ce qui a trait à la question de la sexualité féminine.
Tiraillé entre le thriller policier, le film noir et le western, le long métrage des frères Cohen, No country For Old Men, tente d’assouvir le besoin existentiel qu’a le spectateur d’exalter ses souffrances à travers un héros déchu qui évolue dans un univers en complète rupture avec son passé.
Les ambivalences du sadomasochisme dans L’homme qui rit ne relèvent pas juste de l’Éros.
L’innocence de la vierge et la décadence sublime de la soumission du personnage d’Anastasia Steele envers un homme dominant dans le roman 50 nuances de Grey d’E.L. James.
En croyant agir au nom d’une loi qui vise à étendre la surveillance généralisée, le SPVM a retrouvé un des gestes les plus archaïques qui soit, la décollation, symbolique, de l’ennemi.
Cinéaste «culte» des années 1970-80, John Waters a fait sa marque dans l’histoire du cinéma underground et populaire américain principalement par deux choses: d’un côté, son sans-gêne et son mauvais goût qui font passer certains cinéastes trash contemporains pour de bien pâles copies; et de l’autre une esthétique légère, mariage du kitsch et du grotesque, qui élève (ou du moins tente d’élever) le mauvais goût au rang de grand art.
Les auteurs issus de la blank generation n’ont eu de cesse de défricher, au fil de leurs expériences et de leurs explorations, plusieurs avenues différentes et inédites offertes par l’écriture et plus particulièrement par le biais de l’héritage de la beat generation.
La série britannique Doctor Who est à l’antenne depuis 1963. Elle raconte les aventures dans le temps et l’espace d’un extra-terrestre de la planète Gallifrey dans son vaisseau le TARDIS. Son véritable nom est inconnu, mais on le surnomme le Doctor (Docteur).
« I have the power to create catastrophe. »
Nous savons désormais que William Gibson se réfère prioritairement aux romans de Burroughs Naked Lunch et à la Trilogie Nova, cette dernière étant indissociable de la technique du cut-up.
«Ideas or the lack of them can cause disease.» (Kurt Vonnegut)
Le choix des samples peut participer de différentes manières à la composition du rap: d’un éloge de la différence à la volonté d’incorporer un public mainstream. Certains samples peuvent répondre à un besoin individuel, voire narcissique, de partager ses connaissances musicales ou de rendre un hommage personnel à un artiste important…
Bertrand Ricard, dans son livre La fracture musicale, propose l’idée que «le sample illustre à merveille les théories de Bourdieu sur la violence symbolique de la domination, puisqu’il indique d’abord clairement le positionnement éthique de son auteur.» (2006, p. 92)
Dans ses textes programmatiques, William Burroughs désigne la propriété comme l’une des armes du contrôle.
«All the clouds turn to words /All the words float in sequence /No one knows what they mean.»
Moins un outsider déchu comme le vétéran de Vietnam John Rambo ou un pur underdog comme Rocky, McClane porte en lui une fêlure qui est, comme chez Leland, avant tout domestique (mais l’on sait l’analogie qu’imposa le cinéma reaganien entre la domesticité et le macrocosme impérial)…
Il fut un temps où John McClane n’était pas encore John McClane, mais Joe Leland. Celui-ci était le héros de Nothing Lasts Forever (1979), le roman de Roderick Thorp que John McTiernan allait adapter au cinéma sous le titre de Die Hard (1988). Leland constitue un jalon significatif dans la genèse de l’Action Hero que l’on connaît…
De même que la contre-révolution culturelle de Reagan présentait la régression comme Révolution, le nouveau genre hégémonique du blockbuster action film était –et reste- surtout marqué par la nostalgie d’une forme perdue.
Symptôme de la rétromanie qui envahit la culture populaire contemporaine, entièrement tournée vers son propre passé, fut-il le plus récent, le retour sur nos grands écrans des figures déjà sexagénaires des Action Heroes de la Révolution reaganienne prend des allures de véritable catalogue.
La polémique allait néanmoins être relancée de plus belle lors de la sortie de l’adaptation cinématographique de l’œuvre par Kubrick…
Au premier mouvement centré sur l’existence exubérante (une pure dépense bataillienne) de cette sous-culture future de la violence juvénile s’oppose l’autre pan de la réflexion burgessienne qui inverse les coordonnées de la panique morale mise en scène initialement.
Orange Mécanique (1962) est une fable construite symphoniquement en trois mouvements symétriques. Le premier est une hyperbolisation de la panique morale qui entourait l’émergence des sous-cultures juvéniles telles que les Teddy Boys, les Mods et les Rockers en Angleterre perçue sous le paradigme de la simple délinquance juvénile…
Twilight, de Stephanie Meyer, est une série de quatre romans racontant l’histoire d’amour de la jeune Bella Swan et du vampire Edward Cullen. Dès leurs publications, les romans remportent un succès international.
S’il a connu une réception désastreuse à sa parution en 1954, entre autres à cause de son éditeur Jean-Paul Pauvert qui venait, à l’époque, de publier les œuvres complètes de Sade, et du pouvoir censorial que l’Église détenait encore sur le contenu des produits culturels, le roman Histoire d’O de Dominique Aury (alias Pauline Réage) aura dû attendre la révolution sexuelle…
Vendu à plus de 65 millions d’exemplaires, 50 nuances de Grey est une fanfiction inspirée par Twilight. Comme beaucoup de ces récits écrits par des fans pour prolonger l’atmosphère d’un livre ou d’un film, le texte de James est une version gentiment pornographique de l’original…
Alors que les sexologues, psychologues, parents et autres spécialistes déplorent l’hyper sexualisation de la jeunesse, le débat sur les influences des divers médias sur leur comportement se relance, comme au XIXe siècle, où la littérature érotique était condamnée par l’opinion publique…
Incarnation du possible affront au système, le couple de Bonnie et Clyde se fait rapidement élever au statut de mythe national dans les années 1930. L’œuvre cinématographique d’Arthur Penn (1967) repopularise les deux gangsters américains qui deviennent les héros d’une jeunesse…
Dotées d’un plus grand pouvoir sur la parole, les femmes prennent d’assaut la littérature, notamment en ce qui a trait à leur sexualité.
La littérature du XXe siècle ne peut être expliquée sans le Marquis de Sade qui a inscrit la modernité sous le paradigme de l’érotisme et de la cruauté.
«L’amour est un tour de force de l’intelligence qu’il faut perpétuellement réinventer.»
L’individu porte les autres en lui. Il porte, jusqu’à une certaine limite, toutes les habitudes et règles de sa société.
La littérature érotique, traditionnellement produite et consommée par la gente masculine, s’est vue investie par la parole des femmes au fil des années qui suivirent, entre autres, les révolutions sexuelles et féministes des années 1960.
À une époque où les scandales politiques à caractère sexuel partagent la une des journaux avec les différents sex tapes et autres photos naturistes embarrassantes, il est difficile de concevoir que ce n’est que tout récemment que la littérature érotique a cessé d’être bannie des étalages publics.
Notre époque est saturée de sexualité. On en retrouve à la télévision, à l’heure des repas, sur les panneaux publicitaires, dans les revues.
«La violence est ce qui ne parle pas, ce qui parle peu, et la sexualité, ce dont on parle peu en principe».
«Voilà un titre bien aguicheur», pourrait-on se dire en parcourant la table des matières de cette revue digitale si bien garnie.
Davantage posture par rapport au réel que notion clairement établie, l’humour ne se résout pas à une définition univoque.
Pour qui aime les énigmes policières, les histoires de chambres closes offrent un grand attrait, car ces histoires sont le théâtre d’énigmes particulièrement ingénieuses.
Le roman Wild at Heart, The Story of Sailor & Lula (1989) de Barry Gifford, premier d’une saga de sept tomes et adapté à l’écran sous le titre de Wild at Heart (1990) par David Lynch, présente une Amérique sauvage et déshumanisée au sein de laquelle brûle l’amour passionnel des deux jeunes héros.
Vous avez lu l’histoire de Jesse James?
«In a hole in the ground there lived a hobbit». «Au fond d’un trou vivait un hobbit».
Le Bungalow Show a donné lieu à la diffusion d’une version préliminaire d’un essai visuel où les figures de la maison-bungalow interprètent la banlieue comme lieu du ban.
Dans l’Amérique de l’après-guerre, le bungalow est le lieu par excellence où la classe moyenne peut élever ses enfants blancs dans un environnement familial hétérosexuel et sain.
La SCHL a été instaurée le 1er janvier 1946 en tant qu’instance suprême en matière d’habitation au Canada.
La mélancolie, dans l’art comme dans la littérature, est présente dans un corpus d’œuvres considérable.
Limoges Ontario est un petit village perdu le long de la 417, entre Montréal et Ottawa, plus près d’Ottawa que de Montréal, une sorte d’excroissance trop loin de la Capitale pour être une banlieue et trop laide pour faire partie du patrimoine.
Une adolescence en banlieue: tragédie en 93 alexandrins
Convoquer Ophélie est peut-être nécessaire pour rendre convaincantes les histoires tragiques des Nord-Américaines, princesses torturées au royaume du Plastique.
Le bungalow, figure liminaire de Blue Velvet de David Lynch
La banlieue, territoire de prédilection de Stéphane Lafleur, prend l’allure d’un territoire sauvage à coloniser, un no man’s land traversé par les autoroutes, bordé par les champs et ponctué de boisés pour aller se perdre.
Plusieurs œuvres sur la banlieue la présentent sous l’angle du noyau familial en perdition: les préoccupations des parents sont superficielles, la mère a une aventure avec le voisin, le fils se drogue en cachette.
Le récit hyper métafictionnel qu’est La maison des feuilles pose dès le début sa construction complexe et labyrinthique.
La paléontologie est la science qui étudie les fossiles. Autrement dit, elle s’intéresse dans le présent, à ce qui un jour a été vivant, mais ne l’est plus.
Ainsi est présentée l’ouverture du livre La bande dessinée d’Annie Baron-Carvais, traitant de l’évolution du médium, relatant bien d’où vient la bande dessinée.
Tous genres, littéraires ou paralittéraires, arrivent un jour à une totale codification qui limite l’œuvre dans un carcan oppressant.
À travers les catégories du néobaroque dégagées par Calabrese dans son étude visionnaire et matérialisées par l’univers YouTube on a pu constater le long des précédents articles que les formes stables, ordonnées, régulières ou symétriques sont systématiquement inversées dans un vertige d’un type tout à fait nouveau.
Il est relativement aisé de distinguer l’amateur ordinaire (casual fan) de Batman du mordu (hardcore fan).
Variation de la fiction, cette transfictionnalité est un des visages pris par l’intertextualité dans le premier volume de la série Sandman, de Neil Gaiman.
L’auteur de Lolita connaissait très précisément le treizième chapitre de Ulysses de Joyce, «Nausicaa», dont il avait donné le commentaire à ses étudiants de Cornell –commentaire ensuite publié dans le premier volume de ses essais.
Constellation de signes à la plus haute gloire de la société de consommation, James Bond est avant tout un mythe de l’érotisme triomphant.
Il est difficile, tant la saga de James Bond a triomphé et essaimé à son tour quantité d’œuvres et de genres, d’imaginer à quel point les premiers romans de Ian Fleming furent surprenants (voire, à plus d’un titre, choquants).
De Bond nous savons avant tout les signes sociaux dont il se pare, concrétisés dans les objets dont il s’entoure et qui finissent par le définir. Il est littéralement, mythe ultime de la société de la consommation, ce qu’il consomme.
Lolita se définit par son mouvement souple devant toutes situations; elle prend la forme que l’on attend d’elle pour ensuite, après avoir convaincu la figure d’autorité de son bon vouloir (surtout Humbert), agir à sa guise et s’enfuir.
La ressemblance évidente entre Zazie et Lolita, celle qui se présente tout de suite à l’esprit, est la jeunesse.
Il n’est pas hasardeux que, parmi la grande panoplie de figures de la culture populaire des bouillonnantes sixties, JB ait tant intéressé la sémiologie.
Affranchi du contexte historique et des coordonnées nationales qui l’avaient fait naître, le mythe Bond saura, pour exister, s’affranchir de son auteur.
Mythe paradoxal s’il en est, James Bond est avant tout une constellation de mythèmes sans cesse en quête de refondation. Pour se construire, il a surtout dû savoir se défaire, et ce, dès ses origines.
Ce que les séduisantes adolescentes ont en commun avec la femme fatale, c’est que l’amour qu’elles portent à leur soupirant est essentiellement narcissique.
Elle «était une frêle adolescente de dix-neuf ans; elle avait des cheveux clairs et soyeux, et une petite bouche pulpeuse.
Ce dimanche, la bande dessinée Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay célébrait son 107e anniversaire.
Plus que toute autre forme de bande dessinée, le comic-book possède certains mécanismes narratifs qui lui sont absolument propres et qui offrent de surprenantes possibilités d’exploration conceptuelle.
En juillet 2010 paraît le premier numéro de la série limitée The Return of Bruce Wayne, point d’orgue du parcours du scénariste Grant Morrison sur l’univers de Batman.
The Return of Bruce Wayne constitue un travail de la reconstitution, réponse directe au précédent story-arc de Grant Morrison.
C’est en mars 1977 que, à l’instigation de l’éditeur Pat Mills, le scénariste John Wagner et le dessinateur Carlos Ezquerra créèrent le personnage qui allait redéfinir les comics britanniques, l’inexorable Judge Dredd.
Il y a tout juste 100 ans que Tarzan vint au monde dans le magazine The All-Story qui ouvrait la voie à l’âge d’or des pulps américains, inaugurant une saga de 26 romans qui couvre 30 décennies, publiés en 56 langues et vendus, du vivant même de l’auteur, à plus de trente millions d’exemplaires.
Tarzan est aussi, et avant tout (il n’aurait pu, sans cela, survivre la jungle pulp des héros populaires) un mythe de l’Éros, et ce dès son rapport même à la Nature.
La réédition de grands classiques de la littérature, de très nombreuses années après leur publication originale, a eu pour résultat de largement occulter la question de l’auteur, de l’artiste qui prend en charge son œuvre.
«The existence of From Hell as a novel would thus be impossible without the presence of the city of London, which pervades the narrative like a proper character.»
La scène se situe à New York en 1955. Le jeune William Castle, producteur, réalisateur, se rend au cinéma en compagnie de son épouse.
De la première moitié du XXe siècle jusqu’à nos jours, les bandes dessinées de superhéros subissent une véritable évolution, non seulement au niveau de leur structure narrative, mais également au niveau de la caractérisation de leurs personnages.
Anarchopanda est un hackeur.
C’est précisément parce que les années Reagan réhabilitent le modèle masculin (Reagan lui-même est «le père perdu, l’homme retrouvé», «l’archétype masculin primordial des années 1980») que les femmes sont, en retour, présentées comme corrompues, maléfiques, voire mortifères —en tout cas violentes.
Dès novembre 1984, quelques jours avant la facile réélection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis d’Amérique, le journaliste radical Andrew Kopkind le mettait en avant dans un long article de The Nation, le plus ancien hebdomadaire américain.
C’est sur cette esthétique que s’appuieront ensuite blockbusters et action movies, films reaganiens par excellence.
Il aura suffi de 100 jours pour qu’un projet de hausse des frais de scolarité du l’enseignement supérieur aboutisse à l’érection d’une loi autoritaire aux accents proto-fascistes.
Une guerre nucléaire a sonné le glas de la civilisation occidentale.
On qualifie généralement d’art brut, ou «outsider art», toute création produite en dehors des institutions établies ne s’adressant pas à un public visé.
On l’a constaté à la lecture des précédents articles de ce dossier, la figure du superhéros, qui avait déjà connu des tourments dans les années 1970 grâce à l’assouplissement de la dictature du Comics Code chez les éditeurs majeurs et par la parodie cinglante dans les underground comix, en a vraiment pris pour son grade pendant les années 1980.
«Evil Dead Meets Truman Show», disait, lors d’une conférence de presse, l’acteur principal pour présenter The Cabin in the Woods.
Pour ce petit parcours de l’autobiographie dans la bande dessinée québécoise je me baserai principalement sur les ressources documentaires déjà compilées sans avoir la prétention de mener une étude historique véritablement exhaustive.
Si l’époque actuelle se singularise comme une civilisation du bruit, une civilisation (trop) sonore, nombreux sont les penseurs contemporains qui stigmatisent ce tout-sonore – plus encore que ce tout-musical.
Le nom est sur toutes les lèvres, se retrouve régulièrement sur toutes les unes: Anonymous, ces pirates informatiques, ces hackeurs.
Dès son énigmatique prologue, The Cabin in the Woods nous plonge au cœur du complexe militaro-médiatico-industriel états-unien de la main des deux vieux technocrates qui vont servir de relais auctoriel pendant le film, alter egos (voire Doppelgänger) des deux co-scénaristes (Joss Whedon et Drew Goddard) en vieux esclaves du Système (post)hollywoodien.
Je ne me propose pas ici de faire une critique sauvage des membres d’Anonymous, j’aurais bien trop peur que mon ordinateur explose.
Ce désordre malgré tout programmé trouve, comme au XVIe siècle, une figure privilégiée dans le labyrinthe, image récurrente lorsqu’on évoque YouTube et la Toile.
Dominé tout à la fois par le fragment et le détail, YouTube pousse aussi ces deux catégories chères à Calabrese jusqu’à l’hypertrophie.
C’est six ans après le célèbre Video Killed the Radio Star des Buggles qui inaugurait de façon étrangement ambivalente l’avènement de l’industrie culturelle du vidéoclip et l’année même où Madonna se phagocytait elle-même pour la première fois dans les remix de You Can Dance que le sémiologue italien Omar Calabrese théorisait L’ère néobaroque (1987).
Umberto Eco a très bien montré, dans son chapitre «le mythe de Superman», que ce superhéros emblématique existe à l’intérieur d’une société temporellement figée afin qu’il puisse régler infiniment des crises momentanées où rien ne change vraiment en profondeur.
Comme tant d’autres ambivalences qui articulent notre iconosphère néobaroque, nous oscillons entre cuniculophilie (pour preuve la catégorie «bunnies» de cuteoverload.com) et cuniculophobie, l’amour et la crainte, toutes deux démesurées, de tout ce qui est lapinesque.
Une présentation de Mirna Boyadjian
Dérivée de l’emblématique lapin en smoking commercialisé par le magazine Playboy dans les années 50, la bunny Playboy incarne un idéal de femme-objet dominée: petite bête duveteuse et inoffensive, dotée d’un appétit sexuel insatiable.
Dans le cadre de cette présentation, Marianne Cloutier propose une brève analyse de Rabbits Were Used to Prove (1999) du duo français Art Orienté Objet.
Qu’est-ce qui fait qu’il est absolument charmant de soudainement s’apercevoir qu’on est en train de se faire raconter l’Amérique par un lapin mort, alors qu’on ne s’y attendait pas?
Le jardin cryptozoologique du monde comporte son lot de chimères, de minotaures et autres créatures hybrides.
Qu’arrive-t-il quand votre lapin revient vous hanter?
De la mécanique quantique aux cantiques pseudo-scientifiques
Une présentation au Show Lapin
Du super héros à la Bugs Bunny qui réussit à éviter le crash des avions dans les tours au Harvey, dénonciateur des complots, le lapin révèle son rôle fondamental dans la préservation de l’âme américaine après le 11 septembre 2001.
ÉRIC LINT présente Alba, le lapin fluorescent d’Eduardo Kac.
Une présentation au Show Lapin
Pierre Huyghe dit qu’il crée des «mondes», dans lesquels il fait exister ses projets artistiques.
Charcutage nostalgique d’un film fétiche des années 1980 en deux tableaux.
Dans le vidéoclip de la chanson «Endless Teeth» interprétée par le groupe cybergrind Genghis Tron (réalisé par Sean O’Connor) un monstre vert aux longues dents poursuit un lapin blanc.
Comparons deux figures du lapin qui s’inscrivent dans un contexte publicitaire: les lapins Duracell (au pluriel) qui font leur apparition dans une publicité de 1973 et le lapin Energizer (au singulier) qui apparaît une décennie plus tard, en 1989.
Dans ce bref exposé, je propose de réfléchir autour d’une figure bien connue : celle du Lapin Blanc dans Alice au pays des merveilles.
Dès la scène d’ouverture de Hunger Games, on va suivre l’héroïne, point focal, comme dans le roman, de notre perception de l’univers dystopique de Panem.
Écrit au cœur de la «Grande Récession» économique, Hunger Games (2008) éveille dès son titre le spectre du traumatisme qui le fonde, la paupérisation, voire tiers-mondisation de la «terre de l’opulence», «the land of plenty».
Le premier jalon incontournable du thème de la chasse à l’homme cinématographique reste, bien évidemment, le film culte de Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper Les chasses du comte Zaroff (The Most Dangerous Game, 1932), adaptation de la nouvelle éponyme de Richard Connell parue huit ans auparavant.
«My mama told me when I was young, we are all born superstars.»
Les divas de la pop culture se sont emparées de l’image du cyborg. La dernière figuration en date est celle de Lady Gaga dans son clip sorti cet été Yoü and I.
C’est une méthode classique pour le prophète de malheur que d’annoncer la chute de X, n’ayant pu survivre à la charge critique de Y et/ou de Z.
Bien que la bande dessinée fût souvent considérée comme un médium dont la fonction principale est de divertir, son univers compte pourtant plusieurs bédéistes…
En 1964, Bob Dylan chantait «The Times they are a-changin’». Cette chanson représente toute une génération révolutionnaire qui contestait l’hégémonie de l’État et son ordre établi.
La bande dessinée américaine de superhéros a eu son lot d’intrigues linéaires et de personnages sans profondeur.
L’univers de la bande dessinée a longtemps été étiqueté comme étant destiné à un public enfantin.
Fils de la démocratisation numérique du cinéma, le Japonais Hiroshi Toda appartient au type de réalisateurs que même le plus aventureux des cinéphiles ne croise que rarement, pour ne pas dire jamais.
Tous avaient des appréhensions, plusieurs espéraient qu’elle se casse la gueule.
Cinéaste de l’extrême, F.J. Ossang s’est mérité ce titre dès L’affaire des divisions Morituri, son premier long métrage réalisé en 1984.
Par l’expression «cinéma de l’extrême», de deux choses l’une. Ou bien l’on doit entendre un corpus d’œuvres tout entières tournées vers les images crues, des images qui violentent le regard et nourrissent la scopophilie.
Abstraction faite de certaines formes d’art extrême, qui impliquent des cadavres, l’emploi de la chair humaine et de la cruauté envers les animaux (Bordeleau, 2010), hormis les films dans lesquels se déroulent de véritables mises à mort, des scènes de viol ou diverses formes de torture, bien difficile de pas reconnaître que le cinéma gore atteint à un niveau d’horreur sans pareil.
Au début des années 90, le cinéma d’horreur connaît une phase de transition qui s’étalera sur une période d’environ cinq ans.
L’absence du nom de Jean Rollin à l’hommage aux disparus lors de la dernière cérémonie des Césars apparaît aujourd’hui comme la parfaite illustration de l’incompréhension généralisée d’une œuvre ayant connu un certain regain d’intérêt depuis le décès de l’artiste.
Chez les littéraires comme chez les fans de vampires (les deux catégories se recoupant parfois), la série Twilight (Meyer, 2007 [2005]; 2007 [2006]; 2007; 2008) est souvent considérée davantage comme un plaisir coupable, une lecture inavouable, que comme un réel objet d’analyse.
Le 10 juin 2009, un usager du site web Something Awful nommé Victor Surge publiait sur le fil de discussion « Create Paranormal Images » deux photographies noir et blanc qui allaient engendrer un phénomène encore inédit dans l’histoire des productions culturelles internautes.
La fiction qui nous intéressera ici, celle que j’appelle férale, construit des objets férocement impurs, hybrides et parasites, dans une logique de débordement, de submersion et de contamination.
Tout laisse croire que le Slender Man a toujours coexisté discrètement avec nous et, parce que plusieurs ont conclu qu’il enlève tous ceux ayant la malchance de croiser sa route, on pourrait le tenir responsable de plusieurs cas de disparitions demeurés non élucidés.
La pornographie de l’abstinence dont il est question ici est bien sûr celle de Twilight, le grand culte médiatique préfabriqué de ce début de millénaire.
Dès son inscription littéraire dans la culture savante au milieu du Siècle des Lumières, la figure du vampire est singulièrement érotisée, en contraste radical avec la tradition populaire qui en faisait un avatar sanguin du simple mort vivant.