Richard Mcguire et l’idéalisation du retour à un monde non anthropique
Publiée en revue il y a plus de trente ans1 avant de paraître à nouveau en 2014, cette fois allongée de plusieurs centaines de pages, la bande dessinée Here de Richard McGuire s’attarde à retracer les configurations passées et futures d’un lieu donné, ce coin d’univers que l’on connaît surtout, au fil du récit, comme le salon d’une maison américaine, mais qui a d’abord été — McGuire prend soin de nous le rappeler — un amas indéterminé de végétaux, puis ce bout de forêt parcouru par des communautés autochtones, avant que celles-ci n’en soient chassées pour faire place à des demeures coloniales et, dès le début du 20e siècle, à cette fameuse maison qui deviendra l’« ici » de l’histoire, jusqu’à ce que la montée du niveau de la mer ait tôt fait de l’engloutir, deux-cents ans après sa construction2. Comme l’affirment Giada Peterle et Tania Rossetto, « the reader’s gaze is offered a fixed framing representing the permanence of this single place […] while time changes around it3 », permettant au lectorat de voir défiler les ravages des changements climatiques sur cet environnement qui lui paraît de plus en plus familier. Par son recours à une « more-than human timescale4 » présentant la vie avant et après l’Anthropocène, Here témoigne en effet des différentes formes de violence que les humains font subir aux lieux qu’ils ont la chance de traverser. Dans son article portant sur les mécanismes nostalgiques de la bande dessinée de McGuire, Giorgio Busi Rizzi s’intéresse à cette perception de l’Anthropocène comme ère géologique aux répercussions climatiques aussi dévastatrices qu’angoissantes, se référant d’ailleurs brièvement au concept de solastalgie5 pour évoquer la détresse « that is produced by environmental change impacting on people while they are directly connected to their home environment6 ». Élaborée par le chercheur Glenn Albrecht en 2007, cette notion se rapproche de ce que l’on nomme peut-être plus communément l’écoanxiété, alliage de « sentiments d’anxiété, [de] préoccupation ou [d’]appréhension ressentis par une personne devant les bouleversements causés par les changements climatiques et leurs conséquences7 ». Ainsi, face à la solastalgie que peuvent procurer les changements climatiques et leurs impacts sur la maison de Here, point central du récit, il semble que le retour au passé et à ses espaces naturels intacts devient une source d’espoir pour le lectorat confronté à la perte de son principal repère géographique de la diégèse. Puisque plusieurs considèrent la fiction comme « the only way to imagine and represent a future that is post-civilization and post-humanity8 », notre analyse fera appel au discours critique entourant l’œuvre de McGuire pour réfléchir à la manière dont Here se tourne vers l’idéal révolu d’un monde non anthropique pour envisager le futur de notre planète avec un émerveillement serein. Si cette bande dessinée expose les tendances destructrices de l’espèce humaine — assurées de mener à son inévitable extinction —, nous verrons qu’elle s’attarde également à juxtaposer le chaos des temps modernes aux scènes d’un passé précolonial — souvent même préhistorique — calme et florissant, auquel le lieu du récit pourrait éventuellement ressembler de nouveau, dans un avenir lointain dont l’humain serait inespérément exclu.
Déchéance de l’humanité
Tout au long de sa bande dessinée, Richard McGuire fait coexister « the very large with the very small (the domestic, the planetary), but also the very large with the fairly large, when comparing geologic history with human history9 », soulignant la petitesse, mais aussi le caractère instable, de l’expérience humaine. Alors que la nature à son état sauvage perdure, seule, durant des milliers d’années — ne faisant qu’accroître sa verdure de 8000 à 1009 av. J.-C. (HERE, voir annexe : figures 1 et 2), par exemple —, elle se trouve rapidement détruite aux premiers signes de colonisation du territoire, remplacée par des constructions éphémères vouées à disparaître. En effet, l’abattage des arbres de cette forêt — qui passe également par « the displacement of the Indigenous people10 » — débute vers la fin du 18e siècle, tel qu’en témoigne la présence d’un bûcheron qui, dans sa case de 1763, s’attaque à un tronc que l’on aperçoit en arrière-plan, sur l’image de fond datant de 1573 (HERE, voir annexe : figure 3). Or il n’aura fallu qu’une vingtaine d’années pour que l’immense demeure construite à cet emplacement prenne feu en 1783 (HERE, voir annexe : figure 4), brûlant presque aussitôt qu’elle fut érigée, du moins aussi rapidement que la forêt millénaire aura été rasée. Ici, l’inutilité de la coupe à blanc vient renforcer la violence de cet acte, donnant l’impression que la nature a simplement été gaspillée pour assouvir des caprices humains.
L’instabilité humaine émane aussi particulièrement des planches situées dans le salon principal du récit, où le décor ne cesse d’être altéré en l’espace de quelques décennies, selon le cycle infini de l’insatisfaction des habitant·e·s de la maison qui se lassent de leurs possessions à un rythme effréné. Notamment, le papier peint datant de la construction de la maison change de motif dès les années 30, puis est recouvert une feuille à la fois en 1949, avant d’être entièrement retiré à peine 10 ans plus tard (HERE, voir annexe : figure 5). La futilité des actions de ce passage est d’autant plus évidente que les deux silhouettes remplaçant le papier peint apparaissent sur leurs échelles de manière parallèle, aux extrémités gauche et droite de cette double page, reflétant l’une et l’autre cet éternel recommencement que constate le chercheur Luka Bekavac : « The heavy cultural and semantic charge of wallpaper produces additional meanings: it is an immediate temporal and historical signpost, clearly demarcating different decades, the passage of time, generations replacing one another […]11. » De manière similaire, le passage du temps est marqué par l’instabilité du reste des décorations; les tableaux ornant les murs sont fréquemment remplacés, de même que les meubles qui finissent par se substituer, en 2015, aux produits iconiques — et bon marché — du catalogue IKEA, comme le remarque à son tour Giorgio Busi Rizzi12, lequel oppose la permanence des temps préhistoriques à la fugacité proprement nostalgique des vies humaines telles que dépeintes par McGuire.
La déchéance progressive de l’Anthropocène semble également annoncée, au sein de la bande dessinée, par la surcharge que l’on associe à l’ère contemporaine, « closely tied to anthropogenic ecological impact and urbanization ( […] from population growth to industrial output)13 ». En effet, Here ne manque pas de souligner les habitudes de consommation démesurée de l’espèce humaine; ainsi la fluctuation perpétuelle du design intérieur de la maison voit-elle les modes s’enchaîner comme toujours plus de raisons d’accumuler (puis d’abandonner) de nouveaux objets. La chercheuse Laura Perry associe d’ailleurs ce phénomène d’accumulation à une volonté plus généralisée, en arts visuels, de dénoncer les impacts environnementaux de la surconsommation : « In contemporary visual culture that explicitly invokes environmental degradation, accumulation is often central to the aesthetic. […] In other words, the Anthropocene creates the conditions for these environmental densities […]14. » À travers la surabondance visuelle de ses pages — que Thierry Groensteen qualifiait déjà de « lieux superposés15 » en 1991 —, Here propose une vision plutôt négative de cet encombrement matériel si nocif pour la planète. Un exemple de la saturation à la fois graphique et sonore du lieu du récit se situe au milieu du livre (HERE, voir annexe : figure 6), alors que la chute d’un miroir sur la planche principale de 1949 coïncide avec une cacophonie d’insultes lancées au fil des années, de même qu’avec toutes sortes de bris, dont celui de la fenêtre, en 2111, que l’eau d’une inondation pénètre violemment : « Later panels will show a full two-page spread (again, overlaid with other incidental occurrences) of water, suggesting a flood large enough in scope to obliterate the house itself. The waters continue to rise as, dated 2126, a hammerhead shark swims by seen from below16. » Considérant que les vignettes de cette bande dessinée « are often proleptic, visually anticipating accidents and catastrophes that later panels will reveal17 », il paraît raisonnable d’assumer que les planches précédentes annonçaient déjà ce point culminant du récit : la vitre est brisée pour une première fois par un lancer de balle en 1983, tandis que la violence des insultes, comme celle des chutes, ne tarde à s’accumuler (HERE). L’espace de la page, mais aussi de la maison, est vite surutilisé, suroccupé, envahi par la brutalité des paroles humaines de même que par l’exubérance de possessions qui finissent par s’y fracasser, comme si le vacarme du monde moderne18 était à l’origine même de la tragédie environnementale de 2111.
Au fur et à mesure que s’enchaînent les catastrophes naturelles, Here signale à son lectorat l’ampleur grandissante des changements climatiques menaçant la survie de l’espèce humaine, jusqu’à lui offrir « a dystopic projection of life on Earth in 231319 ». Sur cette planche de couleur terne et aux allures cauchemardesques, une dizaine d’individus portent des combinaisons de protection — contre la toxicité de l’air pollué, fort probablement — au sein d’un environnement aride et désertique qui abritait autrefois maisons, forêt et animaux (HERE, voir annexe : figure 7). Pour la toute première fois du récit, un personnage emprunte le point de vue de la lectrice et du lecteur, observant comme elleux la dévastation de ce paysage futuriste :
[…] with a first-person shooter perspective not repeated elsewhere, a gloved hand holds up a radiation meter while, in the background, anonymous figures in biohazard suits drag a tarpaulin. These are futile attempts to impose order on this landscape, it turns out, as a panel dated a year later appears to show the tarpaulin blowing away in the wind20.
Laura Perry prend soin de décrire l’impuissance humaine que traduit cet instant où même l’autorité scientifique s’avère inapte à sauver l’écosystème. Grâce à la perspective immersive de la main en premier plan, le lectorat n’est plus une simple audience voyant défiler l’histoire de la destruction d’un lieu : il s’y trouve directement impliqué, sujet à une forme littéraire de solastalgie, comme s’il devenait impératif — à l’approche de la conclusion du récit — d’éprouver tout le danger potentiel des changements climatiques déjà bien enclenchés dans le monde réel. Mais si Here donne à voir la dégradation du territoire, c’est toutefois l’annihilation de l’humanité qui semble inéluctable :
Respectively, the concept of “an” […], as opposed to “the” […], apocalypse, an end, or “loss,” are rendered both central and peripheral in Here. […] even in the act of challenging it, Here does present the reader/viewer with a narrative, a comics sequence, with a beginning and an end, […] associated with either “hope or despair” […].21.
Selon Malgorzata Olsza, l’apocalypse de McGuire ne prétendrait donc pas être celle de la Terre au grand complet, mais uniquement celle de l’espèce humaine. Au-delà de l’Anthropocène, il serait alors envisageable de voir se rétablir la nature que les humains ont si brutalement détériorée — et c’est en se tournant vers le fantasme du monde naturel d’antan que Here se nourrit d’optimisme pour mieux panser la détresse écoanxieuse de son lectorat.
L’avenir lointain comme reflet du passé
Qu’il soit question de l’inondation catastrophique de la maison en 2111, ou encore de la pollution atmosphérique ayant rendu l’air irrespirable près de deux siècles plus tard (HERE, voir annexe : figures 6 et 7), les ravages environnementaux sévissent contre le lieu domestique du récit à une vitesse alarmante. Bien que l’avenir proche imaginé par Here puisse sembler angoissant, la bande dessinée vient contrebalancer cette source de solastalgie en fondant ses espoirs pour le futur sur l’idée d’un possible retour à l’état sauvage, puisant dans la préhistoire ce qu’il pourrait être souhaitable de retrouver au sein d’une planète où les humains — dont la présence se fait « more and more threatening and damaging22 » — cèderaient enfin leur place à la quiétude ainsi qu’à la vitalité d’une nature comme celle d’autrefois.
D’un côté, si les représentations du futur lointain s’apparentent fortement à celles des temps précoloniaux, voire préhistoriques, c’est que la bande dessinée de McGuire s’avère nostalgique du calme et de l’harmonie qu’elle attribue à cette époque fantasmée où les colonisateurs n’avaient pas encore perturbé la tranquillité des forêts d’Amérique. Entretenant une vision quelque peu idyllique de la vie ancestrale des Premiers Peuples — laquelle n’est pas sans rappeler le « primitivisme doux23 » théorisé par Arthur Lovejoy et George Boas —, Here intègre à son récit plusieurs personnages autochtones en communion avec la nature, comme ces deux silhouettes féminines qui remplissent leurs seaux d’eau à la rivière encore intacte (HERE, voir annexe : figure 8), tandis qu’une autre s’apprête à se baigner dans cette même rivière, par pur plaisir, deux siècles auparavant (HERE, voir annexe : figure 9). Juxtaposée à l’accumulation des babioles de 2014, de 1986 et de 1938 — année où l’espace du salon semble manquer au point de forcer l’empilage de fauteuils inutilisés dans un coin —, cette dernière scène datant de 1352 est débordante de sérénité; la nature, elle, y revêt des airs presque bibliques alors que cette femme nue et seule trône paisiblement parmi les végétaux, telle Ève dans le Jardin d’Eden (HERE, voir annexe : figure 9).
Ailleurs dans la BD, ce sont des panoramas abstraits, inoccupés et aérés, qui entrent en contraste avec l’espace trop souvent bondé du salon de la maison moderne (HERE, voir annexe : figures 10 et 11) :
[…] by turning the page, readers are suddenly moved by the fixed framing to a past time, where there is no sign of human presence, and the living room, which we came to know from the first pages of the graphic novel, is replaced by a natural landscape. […] while many panels site the location of the house in the distant future, others move back to a geological past when the building was not there, in a past time where there is no trace of human life24.
Si l’on considère que la mise en page habituelle de cette bande dessinée, formée de cases pêle-mêles, « as the author himself has suggested, resembles the interface of Microsoft Windows where the user can see several panels all open at the same time, all displayed on the same screen25 », alors les paysages d’antan qui occupent une page double complète et dépourvue de ces fenêtres virtuelles (HERE, voir annexe : figure 12) semblent d’autant plus déconnectés du monde contemporain. Ce passé pittoresque se reflète dans plusieurs planches futuristes (HERE, voir annexe : figure 13), dont la beauté apaisante parvient presque à nous faire oublier que ce lieu porte le souvenir d’une demeure engloutie sous les eaux : « Here’s soft, sketched blues of a world underwater after years of ecological crises […] present moments of anthropogenic calamity that seem both natural and beautiful26. » De même, selon Busi Rizzi, l’aspect méditatif de telles planches est dû, entre autres, à leur esthétique évoquant le vide des temps anciens :
The pages that cover these intervals are the most pictorial, and seem to borrow from painting a kind of negative time, a stillness in which the absence of action (at least, of observable, short-time action) is charged with an almost Zen-like quality that foregrounds its non-human quality and some disinterested distance from human vicissitudes27.
Ainsi, le recours à l’abstraction ainsi qu’à une composition épurée semble permettre à l’environnement futur, dans Here, de se purger d’une pollution humaine incarnée par des lignes claires et abondantes, lesquelles ne peuvent que détonner parmi les tableaux tout en douceur des temporalités plus éloignées, aussi bien passées que futures.
Enfin, bien que la destruction de la maison centrale à l’œuvre de McGuire puisse d’abord sembler troublante, force est de constater que la réappropriation de ce territoire par les animaux, suite à la disparition des humains, contribue à revitaliser le lieu du récit, en plus de rendre hommage aux diverses créatures qui ont déjà librement parcouru cet espace, de la préhistoire jusqu’au prélude de la colonisation. Comme l’explique Sayantani Sengupta au sujet des représentations naturelles qui s’incrustent peu à peu dans celles, domestiques, de la maison, « what begins as an invasion of the outside world is later revealed to be an encroachment by the home on the outside28 ». Si le requin de 2126 ne semble pas à sa place au-dessus du sofa-lit de 2005 (HERE, voir annexe : figure 16), il fait pourtant écho au bison de 10 000 av. J.-C., étendu près d’une jeune lectrice de 1970 (HERE, voir annexe : figure 14), et même à ce prédateur de la période crétacée (HERE, voir annexe : figure 15), dont la présence nous rappelle que d’autres espèces ont autrefois régné sur ce même territoire, mais surtout, que « the invasive outside predates the home29 » — et non l’inverse. Ce qui transparaît surtout de cette nouvelle (et ancienne) occupation animale, c’est que la nature se porte bien mieux lorsqu’il n’existe pas d’humains pour la détruire. À la toute fin du livre, trois des planches les plus vives et colorées affichent l’habitat florissant d’une nouvelle espèce animale et de deux colibris en train de s’embrasser (HERE, voir annexe : figure 18), pendant que l’effondrement de 2015, quelques pages plus loin, vient saccager le salon de la maison (HERE, voir annexe : figure 17) pour l’emplir d’un amoncellement de débris. Ce fort contraste suggère, à nouveau, la valorisation dont semblent bénéficier les scènes du futur, elles-mêmes calquées sur cette nature luxuriante, mais lointaine, qui n’a pu s’épanouir qu’en l’absence d’êtres humains.
Conclusion
Bien que la tendresse humaine y soit également mise de l’avant, la bande dessinée iconique de Richard McGuire s’attarde bien davantage à exposer l’instabilité, les violences et la surconsommation qui mènent l’Anthropocène vers la dévastation progressive de son environnement. Les changements climatiques et l’avènement de l’ère humaine ont le potentiel de générer de l’écoanxiété chez un lectorat qui tourne les pages de cette BD en s’attachant à son point d’ancrage, la maison, et en se reconnaissant dans les personnages ordinaires qui la traversent; or l’œuvre de McGuire puise toute sa force dans le regard nostalgique qu’elle pose sur la quiétude et la vitalité d’un passé préhistorique lui permettant d’accueillir avec espoir plutôt qu’avec terreur l’éventualité d’un monde où l’espèce humaine serait de nouveau absente, mais dans lequel la nature pourrait enfin reprendre son cours. Apparu pour la toute première fois en 1688 dans la thèse du médecin Johannès Hofer, le concept de nostalgie désignait alors « l’obsession douloureuse de retourner au pays que l’on a quitté30 », et c’est exactement en ces termes que l’on pourrait définir le projet de McGuire, dont la bande dessinée tourne alentour de ce possible retour au lieu idyllique d’antan, apte à racheter le passage des humains sur Terre. Et s’il est impossible de savoir dans quelle mesure l’avenir non anthropique envisagé par Here constitue « a warning for humans and/ or a “happy ending” for the environment31 », il ne semble pas insensé de croire que cet avenir hypothétique pourrait certainement être les deux — menace aussi bien que récompense.
ANNEXE
Figure 1. Richard McGuire, Here.

Figure 2. Richard McGuire, Here.

Figure 3. Richard McGuire, Here.

Figure 4. Richard McGuire, Here.

Figure 5. Richard McGuire, Here.

Figure 6. Richard McGuire, Here.

Figure 7. Richard McGuire, Here.

Figure 8. Richard McGuire, Here.

Figure 9. Richard McGuire, Here.

Figure 10. Richard McGuire, Here.

Figure 11. Richard McGuire, Here.

Figure 12. Richard McGuire, Here.

Figure 13. Richard McGuire, Here.

Figure 14. Richard McGuire, Here.

Figure 15. Richard McGuire, Here.

Figure 16. Richard McGuire, Here.

Figure 17. Richard McGuire, Here.

Figure 18. Richard McGuire, Here.



Corpus primaire
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Corpus secondaire
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